Le Premier ministre indien Narendra Modi a changé de ton sur la guerre en Iran. En visite aux Pays-Bas la semaine précédant la publication de cet article, il a alerté la communauté indienne sur les risques de « catastrophes » pour le monde et prévenu que les « progrès des dernières décennies pourraient être réduits à néant ». Ce discours contraste avec la discrétion observée jusqu'alors par son gouvernement, qui s'efforçait de limiter l'impact du conflit sur la population en maintenant les prix des carburants grâce à des subventions.
Un choc économique aux multiples facettes L'économie indienne est durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. Les capitaux étrangers fuient le pays, la roupie se déprécie face au dollar et l'inflation accélère. Ces tensions compromettent la trajectoire de croissance de la troisième économie asiatique, que Modi présentait comme un succès de sa politique. Jusqu'à récemment, le gouvernement évitait de reconnaître publiquement la gravité de la situation, mais les indicateurs économiques se dégradent rapidement.
Des subventions insuffisantes Pour atténuer l'impact sur les ménages, New Delhi a maintenu des subventions sur les carburants, empêchant une hausse des prix à la pompe. Toutefois, cette mesure pèse sur les finances publiques et ne suffit pas à enrayer la hausse des coûts des importations, notamment du pétrole brut, dont l'Inde est fortement dépendante. Le conflit en Iran, important producteur pétrolier, perturbe les approvisionnements et fait flamber les cours.
Une population sous pression La dépréciation de la roupie renchérit les biens importés, aggravant l'inflation déjà élevée. Les classes moyennes et populaires, qui avaient soutenu le parti de Modi, voient leur pouvoir d'achat s'éroder. Le Premier ministre tente de préparer l'opinion à des mois difficiles, alors que les perspectives économiques mondiales restent sombres.
Quelles perspectives ? L'Inde cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique et à renforcer ses réserves de change, mais les marges de manœuvre sont étroites. La guerre en Iran ne montre aucun signe d'apaisement à court terme. Les prochaines semaines seront déterminantes pour la capacité du gouvernement à gérer cette crise sans provoquer de mécontentement social généralisé.