Un record controversé mais payant
Kristian Gkolomeev, nageur grec, a réalisé dimanche 25 mai 2026 le 50 m nage libre en 20''81 lors des Enhanced Games organisés à Las Vegas. Ce temps est inférieur au record du monde officiel détenu par l'Australien Cameron McEvoy (20''88), établi en mars dernier. Toutefois, cette performance ne sera pas homologuée par les instances sportives internationales, car les athlètes participant aux Enhanced Games sont autorisés à utiliser des substances dopantes et à porter des équipements techniques interdits dans les compétitions conventionnelles.
Gkolomeev empoche une prime d'un million de dollars (environ 858 000 euros) pour ce record non officiel, ainsi que 250 000 dollars supplémentaires pour sa première place. « C’était une superbe course... Je l’ai fait, a déclaré le nageur après l’épreuve. Je vais continuer. Peut-être que l'année prochaine, je le battrai à nouveau. »
Des conditions de compétition très éloignées des standards olympiques
Les Enhanced Games se distinguent par leur absence totale de lutte antidopage. Les participants peuvent librement recourir à la testostérone, à l'hormone de croissance, aux peptides, aux stéroïdes anabolisants et à d'autres substances interdites par les fédérations sportives classiques. Cette approche, assumée par les organisateurs, suscite de vives inquiétudes quant aux risques sanitaires pour les athlètes.
Outre le dopage, les concurrents peuvent également utiliser des combinaisons intégrales en polyuréthane, comme celle portée par Gkolomeev. Ces équipements, qui améliorent l'hydrodynamisme et la flottabilité, sont prohibés par la Fédération internationale de natation (FINA) depuis 2010.
Un plateau de nageurs de renom
La compétition a réuni plusieurs nageurs médaillés olympiques, parmi lesquels l'Australien James Magnussen, l'Américain Cody Miller et le Britannique Ben Proud. Tous ont bénéficié des mêmes conditions dérogatoires pour tenter d'améliorer leurs performances. La présence de ces sportifs de haut niveau dans une compétition où le dopage est institutionnalisé a ravivé le débat sur l'éthique sportive et la santé des athlètes.
Une controverse qui interroge l'avenir du sport
Les Enhanced Games, présentés comme une vitrine de la « performance humaine sans limites », sont régulièrement critiqués par les instances sportives, les médecins et les associations de lutte contre le dopage. Au-delà du danger pour la santé, le non-respect des règles universelles du sport remet en cause la comparabilité des records. Chaque performance réalisée dans ce cadre est considérée comme nulle et non avenue par les fédérations internationales.
Malgré ces critiques, les organisateurs entendent pérenniser l'événement et attirer de nouveaux participants, notamment dans d'autres disciplines. Le cas du nageur grec illustre l'attrait financier que peuvent représenter ces Jeux dérégulés : un million de dollars pour un record de 50 mètres, soit bien davantage que les primes offertes dans les compétitions officielles.
Un précédent qui fait débat
La performance de Kristian Gkolomeev relance le questionnement sur la valeur des records en l'absence de contrôle antidopage. Pour les défenseurs des Enhanced Games, il s'agit d'une expérience scientifique et sportive inédite. Pour leurs détracteurs, c'est une dangereuse banalisation du dopage qui pourrait nuire à l'intégrité du sport et à la santé des athlètes.
Le nageur grec, pour sa part, savoure sa victoire et sa prime, tout en annonçant son intention de récidiver l'an prochain. L'avenir dira si d'autres sportifs suivront son exemple et si les instances sportives parviendront à endiguer cette contestation de leur autorité.