Vienne sous pression

Le concours Eurovision de la chanson 2026 n’a pas encore commencé qu’il est déjà au centre de débats houleux. Organisé à Vienne du 12 au 16 mai pour la première fois depuis 2015, l’événement se veut une célébration de la diversité et du rassemblement, avec la devise « United By Music – (In) The Heart Of Europe ». Mais les tensions politiques, que la compétition affirme pourtant vouloir écarter, s’invitent plus que jamais dans le spectacle.

La participation d’Israël au cœur de la controverse

Comme les années précédentes, Israël est la cible principale des critiques. Plus de 1 100 artistes ont signé une lettre ouverte appelant à exclure ou boycotter le pays en raison du conflit en cours à Gaza. L’initiative « No Music for Genocide » est soutenue par des figures internationales telles que Peter Gabriel, Massive Attack, Roger Waters, Macklemore ou Brian Eno.

En réponse, la coalition pro-israélienne « Creative Community for Peace » a également recueilli quelque 1 100 signatures de professionnels du divertissement, parmi lesquels Helen Mirren, Amy Schumer et Gene Simmons. Leur texte déclare : « Nous sommes choqués et déçus que certains membres de l’industrie du divertissement appellent à exclure Israël de la compétition en raison de sa réponse au plus grand massacre de Juifs depuis l’Holocauste. »

La police de Vienne s’attend à des manifestations perturbatrices et à des tentatives de bloquer l’événement, notamment le jour de la finale. Une manifestation de groupes propalestiniens, rassemblant environ 3 000 participants, a déjà été déclarée pour le 16 mai. D’autres actions, y compris en provenance de l’étranger, sont anticipées.

La position de l’UER et les boycotts

Israël ne sera pas exclu du concours, conformément à la position constante de l’Union européenne de radio-télévision (UER), qui considère l’Eurovision comme une association de diffuseurs, non de gouvernements. Le pays envoie cette année la chanteuse Noam Bettan avec la chanson pop « Michelle », une ballade sur le chagrin d’amour.

Cette décision a provoqué des réactions fortes. Plusieurs pays vétérans de l’Eurovision – les Pays-Bas, la Slovénie, l’Islande et l’Irlande – boycottent le concours. Surtout, l’Espagne, l’un des cinq plus grands contributeurs financiers (le « Big Five »), s’est jointe au boycott, une première dans l’histoire de la compétition. Certains États ont également annoncé qu’ils ne diffuseraient pas l’événement à la télévision, réduisant ainsi l’audience potentielle du plus grand spectacle musical du monde, qui avait attiré près de 170 millions de téléspectateurs l’année précédente.