La saison d’ascension de l’Everest, qui vient de s’achever, a battu tous les records d’affluence. Selon les données officielles compilées par les autorités népalaises, plus de 950 alpinistes ont foulé le sommet du plus haut sommet du monde, culminant à 8 848,86 mètres. Ce total dépasse le précédent record établi lors de la saison 2023, qui avait vu environ 600 personnes atteindre le point culminant de la Terre.
Un afflux jamais vu
Ce chiffre sans précédent s’explique en partie par des conditions météorologiques exceptionnellement clémentes durant la courte fenêtre d’ascension, généralement concentrée sur quelques jours en mai. Plusieurs dizaines d’expéditions, organisées par des agences privées, ont pu déposer leurs cordes fixes et ouvrir la voie à un nombre record de clients. Les autorités népalaises ont délivré environ 480 permis d’ascension cette saison, un chiffre également record, chaque permis autorisant généralement un alpiniste accompagné d’un guide de haute montagne.
Des questions sur la sécurité
Ce nouveau record relance les inquiétudes concernant la sécurité et la gestion des flux sur la voie d’ascension principale, surnommée le « toit du monde ». Des témoignages font état de files d’attente importantes près du sommet, obligeant les alpinistes à patienter dans la « zone de la mort », au-dessus de 8 000 mètres, où l’oxygène se fait rare. Bien qu’aucun bilan officiel des décès pour cette saison n’ait encore été publié, plusieurs guides ont rapporté des incidents liés à la fatigue et au manque d’oxygène, imputables à la densité des cordées. Par le passé, des embouteillages humains ont été directement associés à des pertes humaines, les corps s’affaiblissant dangereusement en attendant leur tour.
Un défi pour la régulation
Le gouvernement népalais, qui concède les permis d’ascension moyennant un droit de 11 000 dollars, est régulièrement interpellé par des associations de guides et des alpinistes chevronnés pour qu’il limite davantage le nombre de personnes autorisées chaque saison. La question de l’expérience requise pour tenter l’ascension est également posée : des voix s’élèvent pour exiger une certification préalable interdisant l’accès au sommet aux novices sans formation suffisante. Les autorités se défendent en arguant que le record est aussi le fruit d’une meilleure préparation et d’un encadrement renforcé.
L’impact environnemental
Au-delà de la sécurité humaine, la surfréquentation de l’Everest aggrave les problèmes environnementaux déjà préoccupants. La montagne est jonchée de déchets abandonnés par les expéditions, dont des bouteilles d’oxygène vides, des cordes usagées et des emballages plastiques. Des campagnes de nettoyage, menées chaque année par l’armée népalaise, parviennent à extraire plusieurs tonnes de détritus du massif, mais le volume ne cesse d’augmenter. L’afflux record de 2026 risque d’aggraver ce phénomène, malgré les consignes imposées par les autorités.
Un avenir incertain
Alors que le Népal tire des revenus significatifs du tourisme d’altitude, la question de l’équilibre entre exploitation économique et préservation de ce site emblématique reste posée. Plusieurs propositions de régulation ont été formulées, sans qu’aucune mesure contraignante ne soit encore appliquée. Les discussions devraient se poursuivre en vue de la prochaine saison, avec la perspective d’une possible révision du nombre de permis délivrés.