Cristian Mungiu, un nouveau double lauréat

Le 79e Festival de Cannes, qui s'est achevé le 23 mai, a sacré le Roumain Cristian Mungiu pour son film « Fjord ». Cette Palme d'or est la deuxième pour le cinéaste, après celle obtenue en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ». Il rejoint ainsi un cercle très fermé de réalisateurs ayant décroché deux fois la récompense suprême sur la Croisette.

Les réalisateurs comptant deux Palmes d'or

Plusieurs cinéastes de renom figurent dans ce palmarès exclusif. Le Suédois Ruben Östlund a été récompensé en 2017 pour « The Square », comédie grinçante sur le monde de l'art, puis en 2022 pour « Sans filtre », satire du milieu des influenceurs et de la mode. Le Britannique Ken Loach a reçu la Palme en 2006 pour son drame historique « Le vent se lève », et dix ans plus tard pour « Moi, Daniel Blake », qui dénonce les absurdités du système administratif britannique. L'Autrichien Michael Haneke, déjà Grand Prix en 2001 pour « La pianiste » et Prix de la mise en scène en 2005 pour « Caché », a été doublement palmé : en 2009 pour « Le ruban blanc » (drame en noir et blanc sur la cruauté humaine) et en 2012 pour « Amour », avec Jean-Louis Trintignant. Les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne ont remporté la Palme en 1999 pour « Rosetta » (qui valut aussi le prix d'interprétation à Émilie Dequenne) et en 2005 pour « L'enfant ».

Le Japonais Shohei Imamura (décédé en 2006) a été sacré en 1983 avec « La Ballade de Narayama » et en 1997 avec « L'Anguille » — cette année-là, il partagea le prix avec l'Iranien Abbas Kiarostami pour « Le goût de la cerise ». Le Serbe Emir Kusturica a été primé à l'unanimité en 1985 pour son deuxième long-métrage « Papa est en voyage d'affaire » puis en 1995 pour « Underground ». Le Danois Bille August a obtenu la Palme en 1988 pour « Pelle le conquérant » et en 1992 pour « Les meilleures intentions », biopic inspiré de la vie d'Ingmar Bergman. L'Américain Francis Ford Coppola a été récompensé en 1974 pour le thriller d'espionnage « Conversation secrète » et en 1979 pour le film culte « Apocalypse now », ex-aequo cette année-là avec « Le Tambour » de Volker Schlöndorff.

Un précédent historique

Avant la création officielle de la Palme d'or, le Suédois Alf Sjöberg avait remporté ce qui en tenait lieu — le Grand Prix — à deux reprises : en 1946 pour « Tourments » (ex-aequo avec dix autres films) et en 1951 pour « Mademoiselle Julie ».