Un précédent dans la réglementation automobile américaine

Volvo Cars a obtenu une autorisation spécifique du département du Commerce des États-Unis pour continuer à importer et vendre des véhicules connectés sur le marché américain, malgré l’entrée en vigueur d’une interdiction fédérale visant les logiciels en provenance de Chine. Cette décision, annoncée le 26 mai 2026, constitue la première exemption accordée dans le cadre de la réglementation dite « Connected Vehicles », adoptée sous l’administration Biden et maintenue par l’administration Trump.

Le constructeur suédois, détenu majoritairement par le groupe chinois Zhejiang Geely Holding, était directement concerné par cette interdiction, qui devait le priver du marché américain à partir de l’année-modèle 2027 pour les logiciels, et 2030 pour le matériel. L’accord obtenu auprès du Bureau des technologies et services de l’information et de la communication (ICTS) lui permet de contourner cette mesure.

Les conditions de l’exemption

Dans un communiqué, Volvo a précisé que cette autorisation a été délivrée « au cas par cas », après un processus mené avec le département du Commerce. « Le processus est mené au cas par cas, et la délivrance d’une autorisation spécifique fait suite à des discussions constructives avec le département du Commerce des États-Unis et d’autres responsables américains concernant la gouvernance, la technologie et la sécurité des données de Volvo Cars », a déclaré l’entreprise.

Cette décision intervient alors que la réglementation, finalisée en 2024 sous la présidence Biden, prohibe l’importation de tout véhicule connecté fabriqué par des entreprises détenues ou liées à la Chine, en raison de risques de sécurité nationale. L’administration Trump, bien que très différente dans ses priorités, a maintenu l’interdiction, n’autorisant que des recours individuels via des demandes d’exemption.

Des conséquences pour l’ensemble du secteur

L’obtention de cette exemption par Volvo pourrait faire tache d’huile. Polestar, autre marque détenue en partie par Volvo et également affectée par la règle, a indiqué à Ars Technica qu’elle « continue de travailler avec les autorités américaines pour répondre aux exigences de la réglementation annoncée ». Selon plusieurs observateurs, ce feu vert ouvre la voie à d’autres constructeurs chinois ou liés à la Chine pour tenter d’entrer sur le marché américain, un espace pour lequel l’intérêt des consommateurs américains ne cesse de croître.

Le contexte protectionniste n’est pas nouveau dans l’industrie automobile américaine. Le fameux « chicken tax » de 1964 empêche toujours l’importation de pick-up étrangers. Plus récemment, une taxe de 100 % a été imposée sur les importations chinoises, renforcée par la nouvelle règle commerciale. Ford avait également plaidé pour une restriction ferme, invoquant la protection des emplois américains.

Un signal de pragmatisme

La décision du département du Commerce, bien que stricte sur le principe, montre une volonté d’examiner chaque cas en fonction de ses mérites, notamment en matière de gouvernance d’entreprise et de protection des données. Volvo, en tant que constructeur suédois historiquement perçu comme européen malgré son actionnariat chinois, a su convaincre les autorités américaines de la solidité de ses dispositifs de sécurité.

Cette autorisation pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres constructeurs, tout en offrant un répit à Volvo sur le marché américain, où le nouveau modèle EX60, fabriqué en Suède, était menacé par une interdiction de vente en raison de ses logiciels d’origine chinoise.