Gabriel Attal a tenu son premier meeting de campagne, ce samedi 30 mai au Parc des Expositions de Paris, devant plusieurs milliers de personnes. Le secrétaire général de Renaissance, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, a détaillé ce qu’il présente comme «quatre chantiers vitaux» pour «briser la tenaille des extrêmes» : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. Il a également annoncé vouloir organiser des référendums réguliers pour donner la parole aux Français et les «libérer de la véto-cratie», expression par laquelle il désigne un système où les blocages l’emporteraient.
Des annonces sur la retraite et le pouvoir d’achat
Interrogé sur la réforme des retraites, Gabriel Attal a estimé que «l’âge légal de départ à la retraite n’est plus le débat», sans préciser s’il reviendrait sur la mesure actuelle. Il a appelé à «cesser de sacrifier l’avenir» et déclaré que «l’exercice du pouvoir m’a éclairé». Sur le plan sociétal, il a affirmé que «la promesse française, c’est l’élévation», en opposition à ce qu’il perçoit comme un discours décliniste chez ses adversaires. L’ancien locataire de Matignon a explicitement désigné ses concurrents : «mes adversaires sont la France Insoumise et le Rassemblement national». Il a jugé que «seul l’espace central est en mesure de briser la tenaille entre LFI et le RN».
Un candidat entouré… mais des absences remarquées
De nombreux cadres de Renaissance étaient présents pour soutenir le candidat, parmi lesquels les députés David Amiel, Éléonore Caroit, Roland Lescure ou Stéphanie Rist. La porte-parole du parti, Prisca Thevenot, a pris la parole en début de meeting, déclarant qu’elle n’aurait «pas de petite phrase» à l’attention d’Édouard Philippe, son concurrent direct au sein du bloc central. Elle a ajouté que «tous les autres candidats proposent 50 nuances de déclin». Plusieurs figures notables du parti étaient en revanche absentes, comme la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, qui a récemment quitté la direction de Renaissance pour fonder son propre mouvement, «Bâtissons ensemble».
La campagne permanente
Gabriel Attal a promis une «campagne permanente» durant l’été, avec le lancement dès le 6 juin d’une application dédiée et une campagne d’affichage et de tractage. Un second meeting est prévu début septembre à Paris pour «lancer la rentrée». Le candidat a également prévu une fanzone pour permettre à ses militants de suivre la finale de la Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal. Cette initiative vise à créer une dynamique dans un contexte où les sondages placent Édouard Philippe en tête des intentions de vote dans le bloc central, devant Gabriel Attal, tandis que le Rassemblement national et La France insoumise sont donnés au second tour.
Réactions dans le camp adverse
Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a réagi dès l’annonce de la candidature d’Attal, estimant qu’il «s’effacera pour Édouard Philippe à l’automne» et le qualifiant de «très mauvais Premier ministre». Selon lui, les macronistes «n’ont plus que quelques mois» avant de laisser la place à d’autres forces politiques. Ces critiques n’ont pas empêché Gabriel Attal de marteler sa confiance : «Nous allons gagner cette élection présidentielle, nous avons un an devant nous».