Les tensions entre les États-Unis et l'Iran connaissent un nouveau pic alors que les discussions diplomatiques semblent au point mort. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que les forces américaines sont « plus que capables de reprendre les frappes si nécessaire », ajoutant que les réserves de munitions sont « largement adaptées à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde ». Ces propos ont été tenus en marge du Dialogue de Shangri-La, un forum sur la sécurité qui se tient à Singapour.

Les « lignes rouges » de Washington

L'administration américaine a réaffirmé qu'un accord de paix ne pourra être conclu que si ses « lignes rouges sont satisfaites ». Le président Donald Trump a exposé ses exigences sur son réseau Truth Social : « L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement », et Téhéran doit s'engager à le déminer. Il a également exigé, en lettres capitales, que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit « DETRUIT ».

Un responsable de la Maison-Blanche a confirmé que « l'Iran ne peut pas avoir d'arme nucléaire », répétant une position constante. Malgré des informations évoquant un possible cadre d'accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, une réunion de deux heures vendredi dernier à la Maison-Blanche n'a abouti à aucune annonce concrète.

Les divergences iraniennes

De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire. Il a défendu « la situation spéciale » du détroit d'Ormuz, en raison de sa localisation dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman, et a indiqué que « les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu ».

La guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts et provoqué une flambée des prix du pétrole. Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s'est accéléré ces derniers jours, mais la télévision d'État iranienne a précisé que cela ne signifie pas un retour à la normale, l'accès restant interdit aux navires des pays qualifiés d'« hostiles ».

Un contexte sécuritaire toujours tendu

Parallèlement, les services de renseignement américains estiment qu'une douzaine de mines pourraient se trouver dans le détroit d'Ormuz, compliquant toute opération de déminage. Un ancien plongeur démineur de la Marine nationale a expliqué à ce propos que « tant qu'il n'y aura pas une situation de paix, le déminage ne pourra pas démarrer sereinement ». Cette situation maintient une pression sur le commerce maritime mondial.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent au Liban, où l'armée israélienne a étendu sa « zone de combat » dans le sud du pays. Le Hezbollah, allié de l'Iran, a revendiqué de nouvelles attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël. Selon le dernier bilan officiel libanais, les frappes israéliennes ont tué 3 355 personnes au Liban depuis le début du conflit.

Des discussions militaires séparées

À Washington, des responsables militaires libanais et israéliens ont tenu une réunion qualifiée de « constructive » par le gouvernement américain. Le Pentagone a indiqué que ces discussions serviront de base à une nouvelle séance de négociations politiques prévue les 2 et 3 juin. Le Hezbollah s'oppose à ces pourparlers et son bloc parlementaire a appelé le Liban à s'en retirer.

Alors que la trêve du 8 avril semble fragile et que les désaccords persistent sur le nucléaire et la liberté de navigation, la menace d'une reprise des hostilités plane, portée par les déclarations martiales de l'administration Trump.