Le ministère russe des Affaires étrangères a lancé, ce lundi 25 mai, un avertissement aux ressortissants étrangers présents à Kiev, les appelant à quitter la ville « dès que possible » en prévision de nouvelles frappes de l'armée russe. Dans un communiqué, Moscou a indiqué que des bombardements cibleraient prochainement des « centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel » dans la capitale ukrainienne.

Cette mise en garde concerne également le personnel des missions diplomatiques et des organisations internationales. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a spécifiquement exhorté les États-Unis à évacuer leur ambassade lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, selon le même communiqué.

Une justification tirée d'une frappe de drones ukrainiens

Moscou justifie cette menace par une « attaque sanglante » de drones ukrainiens qui a visé, dans la nuit de jeudi à vendredi, le dortoir d'un lycée à Starobilsk, dans la région de Lougansk occupée. Selon les autorités russes, cette frappe a tué 21 personnes et blessé plus de 40 autres. Le ministère russe qualifie cet événement de « goutte d'eau qui fait déborder le vase ». De son côté, l'état-major ukrainien a affirmé avoir bombardé plusieurs sites militaires russes dans cette zone, dont un « quartier général ».

Réactions de Kiev et des alliés occidentaux

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a appelé les partenaires de Kiev à « ne pas céder au chantage russe » et à accroître l'aide militaire. La France a quant à elle balayé l'avertissement, le ministère des Affaires étrangères français déclarant : « On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer » nos diplomates.

Un contexte de frappes intensifiées

Ces nouvelles menaces interviennent après des frappes russes massives ce week-end sur Kiev et d'autres villes ukrainiennes, qui ont fait au moins quatre morts et une centaine de blessés. La Russie a notamment utilisé pour la troisième fois son missile de dernière génération, l'Orechnik.

Un précédent avertissement en avril

Il ne s'agit pas du premier avertissement de ce type. En avril dernier, Moscou avait déjà appelé le personnel diplomatique étranger à quitter Kiev avant le défilé du 9-Mai, menaçant l'Ukraine de représailles si elle perturbait les commémorations. À l'époque, le président américain Donald Trump avait annoncé in extremis un cessez-le-feu temporaire entre les deux belligérants.

Alors que les tensions s'intensifient, les appels à la prudence se multiplient. Les autorités ukrainiennes exhortent leurs alliés à ne pas céder face aux menaces russes, tandis que plusieurs capitales occidentales, à l'instar de Paris, refusent pour l'heure de retirer leurs diplomates de Kiev.