Une affluence massive dès les premiers jours

Lancée le 27 mai dernier, la plateforme permettant aux travailleurs modestes qualifiés de « grands rouleurs » de solliciter une indemnité carburant de 100 euros a enregistré près de 439 000 demandes en l'espace de quelques jours. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a communiqué ce chiffre sur le réseau social X, confirmant l'engouement suscité par cette mesure alors que les prix à la pompe restent élevés en raison des tensions au Moyen-Orient.

Le versement de cette aide est prévu au cours du mois de juin pour les personnes répondant aux critères d'éligibilité. Elle s'adresse aux actifs aux revenus modestes qui n'ont d'autre choix que d'utiliser régulièrement leur véhicule dans le cadre de leur activité professionnelle.

Un arsenal de mesures prolongées

Cette indemnité ne constitue qu'un volet d'un ensemble plus large déployé par l'exécutif pour faire face à la volatilité persistante des cours du pétrole — le baril étant récemment repassé sous les 100 dollars, mais avec des fluctuations toujours marquées. Dans son message, le chef du gouvernement a rappelé que d'autres dispositifs étaient « pleinement opérationnels », citant notamment l'ouverture de l'aide aux pêcheurs, la revalorisation des indemnités kilométriques des aides à domicile, ainsi que la poursuite de l'accompagnement des secteurs particulièrement exposés comme le bâtiment et les travaux publics ou le monde agricole.

Sébastien Lecornu a également mis en avant une prime carburant totalement défiscalisée et désocialisée, qui peut atteindre 600 euros, permettant aux entreprises d'apporter un soutien à leurs salariés sans condition de ressources.

« Face à la crise énergétique, nous avons fait un choix simple : cibler nos aides pour soutenir l'activité et le travail, et veiller à ce que chaque euro d'argent public soit dépensé utilement », a expliqué le Premier ministre.

Un coût total estimé à 1,2 milliard d'euros

L'ensemble de ces mesures, dont le renforcement et la prolongation ont été annoncés il y a une dizaine de jours, représente une enveloppe totale proche de 1,2 milliard d'euros. Un investissement public massif destiné à amortir le choc énergétique pour les ménages et les entreprises les plus dépendants de la voiture.

Contexte de guerre au Moyen-Orient

Cette vague d'aides intervient dans un contexte géopolitique tendu. La flambée des prix du carburant observée depuis plusieurs mois est directement liée au conflit armé qui secoue le Moyen-Orient, perturbant les approvisionnements et alimentant la spéculation sur les marchés pétroliers. Le gouvernement a choisi de concentrer ses efforts sur les publics les plus exposés plutôt que de procéder à une baisse généralisée des taxes, afin de limiter l'impact sur les finances publiques tout en répondant à l'urgence sociale.