Fini le temps où faire ses courses signifiait repartir avec une batterie rechargée sans débourser un centime. Les grandes enseignes françaises, qui avaient massivement investi dans les bornes de recharge pour attirer la clientèle, révisent leurs conditions d'accès. IKEA, Lidl, Leclerc et Carrefour ont chacun, à leur rythme, mis fin à la gratuité totale, instaurant des tarifs au kilowattheure ou des abonnements payants.
La hausse du prix de l'électricité a précipité ce mouvement. D'après des données compilées par Chargemap, il subsisterait environ 6 233 points de recharge gratuits sur l'ensemble du territoire français. Cette diminution est le résultat d'une décision économique des distributeurs, qui ne trouvent plus leur compte à offrir l'électricité sans contrepartie.
IKEA et Lidl ont ouvert la voie
C'est IKEA qui a donné le signal dès 2021, en confiant la gestion de ses bornes à IZIVIA. Les tarifs oscillent désormais entre 0,35 et 0,60 euro par kilowattheure, selon le badge utilisé. Plus récemment, Lidl a également basculé vers un modèle payant : le courant alternatif est facturé 0,29 euro le kWh, et le courant continu 0,39 euro le kWh. Ces deux enseignes avaient longtemps servi de référence pour la gratuité sur les parkings des zones commerciales.
Leclerc et Carrefour suivent le mouvement
Leclerc a lancé en janvier 2026 son service « Charge E-Lec », en partenariat avec Freshmile. Le tarif démarre à 0,25 euro par kilowattheure, une offre qui se veut compétitive mais qui enterre définitivement la gratuité.
Carrefour, de son côté, a opté pour un système différencié depuis le 1er avril 2026. Les détenteurs de la Carte Pass, vendue 20 euros par an, ont droit à une heure de recharge gratuite sur les bornes de 22 kW. Les clients disposant de la Carte Club, gratuite, ne bénéficient plus que d'une remise de 10 % sur le tarif standard. L'accès libre et gratuit a donc disparu, remplacé par un modèle d'abonnement payant.
Des frais supplémentaires chez les opérateurs spécialisés
Parallèlement, le réseau Electra a introduit des frais d'occupation pour les conducteurs qui laissent leur véhicule branché après la fin de la charge. Lorsque la batterie atteint 80 % et que la station est complète, le conducteur dispose de cinq minutes de grâce avant de devoir payer 0,40 euro par minute, dans la limite de 50 euros. La puissance de recharge diminue également fortement au-delà de ce seuil, rendant le temps d'attente peu rentable.
Des exceptions persistantes et des collectivités en retrait
Malgré cette tendance généralisée, certains Intermarché et Super U indépendants continuent de proposer la recharge gratuite, à la discrétion de chaque gérant. Ces cas sont toutefois de plus en plus rares.
Les collectivités locales participent aussi à ce mouvement de repli. Plusieurs grandes villes françaises ont déjà réduit ou supprimé les avantages de stationnement réservés aux véhicules électriques, une mesure qui était souvent couplée à l'accès aux bornes de recharge.