Un enthousiasme qui détonne
Alors que des milliers de personnes suffoquent sous la chaleur, une catégorie bien particulière de citoyens semble prendre un malin plaisir à afficher son amour des fortes températures. « J’ai même pas le droit de mettre la clim dans l’appart », lâche l’un d’eux, comme une provocation à ceux qui rêvent d’un peu de fraîcheur. Ce phénomène, loin d’être anecdotique, revient chaque été avec la régularité d’un métronome.
« Moi, la chaleur, ça me fait du bien »
Ces « relous » — comme les surnomme le quotidien qui leur consacre un dossier — cultivent un discours bien rodé. « Enfin l’été ! », « Je supporte très bien la canicule », « C’est bon pour le moral », lancent-ils à la cantonade. Leur argumentaire tourne souvent autour de la même idée : la chaleur est préférable au froid, aux nuages et à la pluie. Pour eux, les 35 °C à l’ombre sont synonymes de vacances, de plage et de liberté.
Un discours qui exaspère
Mais pour ceux qui subissent la chaleur — personnes âgées, travailleurs en extérieur, habitants de logements mal isolés — ce discours est perçu comme une insulte. « Je ne supporte pas ces gens qui se vantent de ne pas avoir besoin de climatisation alors que moi, je crève », témoigne un Parisien contraint de travailler depuis son appartement surchauffé. Le contraste est saisissant entre le « moi, la canicule, ça ne me dérange pas » des uns et les nuits blanches des autres, coincés sous des toits en zinc ou des immeubles sans isolation.
Une bienveillance de façade ?
Certains de ces enthousiastes poussent même le bouchon jusqu’à minimiser la détresse des plus vulnérables. « Ils disent que c’est juste une question d’habitude, ou qu’il suffit de boire de l’eau », rapporte une mère de famille dont l’enfant asthmatique doit être surveillé de près durant les pics de chaleur. Ce déni des réalités climatiques et sanitaires agace d’autant plus que les canicules sont de plus en plus fréquentes et intenses.
Les « relous » : un classique de l’été
Ce portrait du « relou de la canicule » n’est pas nouveau. Chaque année, les réseaux sociaux s’enflamment autour de ce personnage type. On le retrouve au bureau, commentant la météo avec un sourire satisfait, ou dans la rue, ralentissant la file d’attente pour acheter une glace. Le journal qui consacre un épisode à ces figures agaçantes rappelle que « leurs manies sont certes pas méchantes, mais très énervantes ».
Entre résilience et indifférence
Au-delà de l’anecdote, ce phénomène interroge notre rapport collectif à la chaleur. Alors que les autorités sanitaires multiplient les consignes de prudence (hydratation, évitement des efforts physiques, ventilation nocturne), certains affichent une forme de résilience qui frôle l’inconscience. Faut-il y voir une simple différence de sensibilité, ou une incapacité à se mettre à la place des autres ?
Un été sous le signe du paradoxe
Avec l’arrivée des premiers pics de chaleur, le débat est relancé. Les « relous » de la canicule continueront sans doute à exaspérer leur entourage, mais ils rappellent aussi, à leur manière, que l’été n’est pas vécu de la même façon par tout le monde. Entre les adeptes de la clim’ et les chantres du « bronzage intégral », le fossé se creuse un peu plus chaque année.