Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a déclaré que le groupe ne réalise aucun bénéfice sur la vente de carburant dans ses stations-service. Selon lui, le carburant est un « produit d’appel » – un article vendu à prix coûtant ou à marge très faible – dont l’objectif principal est d’attirer les consommateurs vers les hypermarchés et supermarchés Carrefour. Cette affirmation a été rapportée par plusieurs médias, notamment lors d’une intervention du dirigeant.

La stratégie du « produit d’appel »

Bompard a expliqué que la vente de carburant n’est pas rentable en soi pour Carrefour. « Je ne gagne pas d’argent sur le carburant, c’est un produit d’appel », a-t-il assuré. Cette stratégie consiste à offrir un prix compétitif sur un produit de première nécessité – en l’occurrence le carburant – pour inciter les automobilistes à se rendre dans les stations du groupe, puis, espère-t-il, à faire leurs achats dans les magasins attenants. Le PDG a ainsi justifié la politique tarifaire de Carrefour sur les carburants, qui reste très suivie par les consommateurs français.

Un contexte de pression sur les prix

Ces déclarations interviennent dans un climat économique marqué par une inflation persistante et une forte sensibilité des ménages au prix des carburants. Depuis plusieurs mois, le gouvernement exhorte les distributeurs à limiter leurs marges sur l’essence et le diesel pour soulager le pouvoir d’achat. Carrefour, comme d’autres enseignes, a multiplié les opérations de vente à prix coûtant, notamment lors des week-ends de grands départs. En affirmant que le carburant n’est pas une source de profit, Alexandre Bompard cherche à démontrer que le groupe participe déjà à cet effort sans rogner sur ses marges réelles.

Des marges faibles mais un intérêt commercial

Si le carburant est effectivement vendu avec une marge très réduite – parfois proche de zéro –, son rôle commercial est crucial. Il génère du trafic dans les zones commerciales de l’enseigne, ce qui permet d’augmenter les ventes de produits plus rémunérateurs (alimentation, textile, électronique). Plusieurs analystes estiment que sans cette fonction d’appel, les distributeurs ne pourraient pas maintenir des prix aussi bas. Carrefour ne communique pas publiquement le détail de ses marges sur le carburant, mais Alexandre Bompard a été clair : « Ce n’est pas un produit sur lequel on fait de l’argent. »

Réactions et limites de l’argument

Cette position a suscité des réactions contrastées. Certains observateurs soulignent que si le carburant n’est pas rentable en lui-même, il reste un levier marketing essentiel, ce qui relativise la portée de l’affirmation. D’autres rappellent que les distributeurs réalisent des économies d’échelle et des remises de la part des fournisseurs pétroliers, ce qui peut rendre la marge opérationnelle positive même sur un produit dit « d’appel ». Interrogé sur ce point, le PDG de Carrefour n’a pas apporté de précisions chiffrées.

Un discours qui s’inscrit dans une stratégie de communication

En insistant sur le caractère non lucratif du carburant, Alexandre Bompard cherche probablement à dissiper les critiques sur les marges des grandes surfaces et à conforter l’image de Carrefour comme enseigne proche des préoccupations des consommateurs. Dans un secteur où la concurrence est rude, cette déclaration vise aussi à rassurer les clients sur la sincérité des efforts de l’entreprise en matière de pouvoir d’achat.

Conclusion

Alexandre Bompard a réaffirmé que Carrefour ne gagne pas d’argent sur la vente de carburant, présentant ce produit comme un simple moyen d’attirer la clientèle. Cette stratégie, bien connue dans la grande distribution, soulève néanmoins des questions sur la transparence des marges et l’impact réel sur les finances du groupe. En attendant d’éventuels chiffres plus précis, le discours du PDG de Carrefour confirme l’importance du carburant comme vecteur de trafic dans les stratégies commerciales des grandes enseignes.