La banque d'affaires Jefferies a observé une augmentation significative de l'exposition au nucléaire et à la défense dans les portefeuilles des investisseurs appliquant des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Cette tendance, révélée dans une récente analyse, indique que davantage de fonds dits « responsables » assouplissent leurs restrictions sur ces secteurs, longtemps considérés comme controversés.
Un changement de perception Jusqu'à présent, l'énergie nucléaire était souvent exclue des stratégies ESG en raison des risques liés aux déchets radioactifs et à la sécurité. De même, le secteur de la défense était écarté pour des raisons éthiques. Cependant, la réévaluation du nucléaire comme source d'énergie bas carbone, combinée à des préoccupations géopolitiques croissantes, semble modifier les critères d'inclusion. Jefferies note que les investisseurs recherchent désormais une « exposition au nucléaire » dans le cadre de leur transition énergétique, tandis que la défense gagne en légitimité face aux impératifs de sécurité nationale.
Implications pour le marché Cette ouverture pourrait entraîner des flux de capitaux significatifs vers des entreprises du secteur nucléaire, qu'il s'agisse d'opérateurs de centrales, de fabricants de réacteurs ou de fournisseurs de services liés à l'atome. Dans le domaine de la défense, les groupes d'armement et de technologies de sécurité pourraient bénéficier d'un intérêt renouvelé de la part de fonds auparavant réticents. La décision de Jefferies de mettre en lumière cette tendance suggère que le mouvement pourrait s'accélérer à mesure que les gestionnaires d'actifs adaptent leurs mandats.
Un débat toujours vif Toutefois, cette évolution ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté ESG. Certains investisseurs continuent de juger le nucléaire incompatible avec des objectifs de durabilité stricte, tandis que d'autres estiment que la défense n'a pas sa place dans une stratégie responsable. L'analyse de Jefferies ne tranche pas ce débat, mais elle confirme que les frontières de l'investissement ESG sont en pleine redéfinition. Les prochains mois diront si cette tendance se généralise ou reste sectorielle.