L'ancien numéro 1 français Jo-Wilfried Tsonga a livré une analyse sans concession sur la décision d'Arthur Fils de déclarer forfait pour l'édition 2026 de Roland-Garros, en raison d'une alerte à la hanche. Invité à s'exprimer lors du renouvellement du partenariat historique entre BNP Paribas et le tournoi, Tsonga a estimé que le jeune joueur de 21 ans a fait le choix le plus raisonnable.
« Arthur fait partie de ces joueurs qui désormais peuvent viser tout en haut. Quand on a l'ambition de viser tout en haut, on ne se présente pas forcément dans un tournoi déjà diminué ou déjà blessé ou en sachant qu'on ne va pas aller jusqu'au bout », a déclaré Tsonga. « C'était la plus sage des décisions aujourd'hui. Et ça fait partie aussi de l'héritage. »
L'ancien finaliste de l'Open d'Australie a souligné l'importance de l'apprentissage pour les jeunes talents. « On a tous fait la bêtise parfois sous la pression de l'environnement, d'aller jouer alors qu'on a un peu mal. Il n'a que 21 ans, il a encore peut-être une quinzaine de Roland-Garros devant lui. Et le but pour un joueur comme Arthur, c'est vraiment d'arriver dans ce tournoi avec l'ambition d'aller au bout », a-t-il ajouté.
Un tournoi toujours attractif malgré les forfaits
Interrogé sur la perte d'intérêt potentielle après les forfaits de Carlos Alcaraz et d'Arthur Fils, Tsonga a fermement rejeté cette idée. « Moi je crois que c'est manquer énormément de respect à tous les autres joueurs. Évidemment, Arthur (Fils), c'était notre tête d'affiche française sur ce tableau masculin, c'est une certitude. Mais il y a d'autres joueurs qui peuvent aussi aller loin dans ce tournoi », a-t-il expliqué.
Concernant Carlos Alcaraz, champion en titre et vainqueur d'une finale mémorable contre Jannik Sinner l'année précédente, Tsonga a reconnu que « on aurait voulu une revanche, on aurait adoré ça ». Cependant, il a insisté sur le fait que « ça fait partie de notre sport » et que « notre sport, justement, il est beau parce que les émotions sont toujours là. Qu'il y ait les meilleurs ou qu'il n'y ait pas les meilleurs, les émotions sont là. »
Tsonga a rappelé que des doutes similaires avaient entouré la génération de Roger Federer et Rafael Nadal, mais que le tennis attire aujourd'hui encore plus de spectateurs, comme en témoigne l'engouement croissant pour les qualifications.
Sinner, grand favori mais pas invincible
Interrogé sur les chances de Jannik Sinner de remporter son premier Roland-Garros, Tsonga a reconnu la domination actuelle du joueur italien tout en restant prudent. « C'est vrai qu'on voit difficilement qui pourrait venir l'inquiéter. Après le tennis, ça reste le tennis. C'est un sport individuel dans lequel il peut tout se passer », a-t-il souligné, évoquant la possibilité d'une blessure, d'une maladie ou d'une simple « mauvaise journée ». Il a également cité Alexander Zverev comme un concurrent sérieux, ainsi que d'autres joueurs « susceptibles de lui rendre l'appareil ».
Rafael Jodar, la surprise possible
Parmi les jeunes joueurs à suivre, Tsonga a mis en avant Rafael Jodar, champion du monde universitaire en titre. « Bien sûr, je crois que Rafael Jodar fait partie évidemment de ces jeunes qu'on va scruter. Voir comment il se comporte en Grand Chelem après un début de saison canon sur terre. S'il gagne ses premiers tours, il va commencer à être très dangereux », a-t-il estimé, tout en rappelant la difficulté du format en trois sets gagnants pour un jeune joueur. Il a cité l'exemple de Rafael Nadal, vainqueur dès sa première participation.
Un partenariat historique
Enfin, Tsonga s'est félicité du renouvellement du partenariat entre BNP Paribas et Roland-Garros, une collaboration qui dure depuis plus de 50 ans. « Ça représente beaucoup de choses, ça veut déjà dire que le tennis garde sa superbe. Et puis la promesse que dans l'avenir Roland-Garros va continuer à briller », a-t-il confié, évoquant ses propres souvenirs d'enfance liés à cette banque.