Un procès en appel très attendu

Julien Le Guet, porte-parole du mouvement Bassines non merci, est de nouveau devant la justice. L’ancien batelier du Marais poitevin, devenu l’une des figures de proue de la contestation contre les mégabassines, comparaît en appel ce mercredi 27 mai 2026. Il est jugé pour son rôle présumé dans l’organisation de la manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), qui avait dégénéré en affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre.

Cette comparution intervient alors que Julien Le Guet a déjà été condamné à de la prison ferme dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Le détail de cette précédente condamnation n’est pas précisé par les sources disponibles, mais elle s’inscrit dans le contentieux né de la lutte contre les réserves de substitution agricoles.

Les faits reprochés

Le parquet accuse Julien Le Guet d’avoir organisé la marche du 25 mars 2023, qui avait rassemblé plusieurs milliers de personnes à Sainte-Soline, site d’un chantier de retenue d’eau destinée à l’irrigation. Cette manifestation, interdite par les autorités, avait donné lieu à des heurts d’une rare violence. Des affrontements avaient opposé des manifestants radicaux aux gendarmes, faisant des dizaines de blessés des deux côtés. Les images de ces scènes de guérilla urbaine en milieu rural avaient marqué l’opinion publique.

La justice reproche au militant d’avoir été l’un des organisateurs et coorganisateurs de cet événement, et de ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour en assurer le caractère pacifique. Il est notamment visé par des chefs de participation à un attroupement armé et d’organisation d’une manifestation non déclarée ayant donné lieu à des violences.

Un procès sous haute tension

Ce procès en appel se déroule dans un climat tendu. Les mouvements écologistes et agricoles, de même que les collectifs d’opposants aux mégabassines, ont appelé à des rassemblements de soutien devant le palais de justice. De leur côté, les autorités redoutent de nouvelles tensions et ont déployé un dispositif de sécurité renforcé.

Julien Le Guet, qui a toujours nié avoir appelé à la violence, maintient que la responsabilité des débordements incombe à la fois à des groupes d’ultragauche venus en marge du cortège et à la gestion de l’ordre public par les forces de l’ordre. Ses avocats plaideront que leur client n’a jamais été le chef d’orchestre de ces violences et qu’il a simplement usé de son droit constitutionnel de manifester.

Enjeux pour le mouvement

Ce nouveau procès constitue un épisode crucial pour le collectif Bassines non merci, qui s’oppose aux retenues d’eau destinées à l’irrigation intensive. Julien Le Guet en est l’un des porte-parole les plus médiatiques, et une condamnation définitive pourrait affaiblir le mouvement, tout en renforçant la détermination de ses partisans.

La décision de la cour d’appel est attendue dans les prochains jours ou semaines. En fonction du verdict, de nouvelles réactions et manifestations pourraient émailler l’actualité du Marais poitevin et du Poitou.