Une vague de chaleur marine d'une ampleur exceptionnelle persiste depuis plusieurs mois au large de la côte ouest des États-Unis, alertent les scientifiques. Dans une étude publiée fin mai, l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (NOAA) détaille l'évolution de ce phénomène qui touche les eaux du Pacifique depuis septembre dernier. Les zones concernées s'étendent de la Californie à l'Alaska, en passant par l'Oregon, l'État de Washington et Hawaï.

Les chercheurs avaient initialement espéré que le pic de cette anomalie thermique était déjà dépassé. Cependant, les dernières projections indiquent une aggravation dans les semaines à venir. « L'été sera beaucoup plus chaud que la normale », prévient Larry O’Neill, climatologue à l'université de l'Oregon, cité dans l'étude. Selon lui, les eaux anormalement chaudes agissent comme un réservoir de chaleur : elles emmagasinent l'énergie solaire pendant l'été et la libèrent en hiver, perturbant ainsi les régimes météorologiques habituels.

Des répercussions déjà visibles sur le continent

Les conséquences de cette vague de chaleur marine ne se limitent pas à l'océan. Sur la terre ferme, des températures records ont été enregistrées dès le mois de mars. Des villes du Missouri et du Nebraska ont connu des journées à 33 °C, tandis que certaines zones situées à la frontière entre la Californie et l'Arizona ont atteint 44 °C. Ces chaleurs précoces, combinées à l'humidité apportée par l'océan réchauffé, pourraient favoriser des orages secs et accroître le risque d'incendies de forêt. Larry O’Neill évoque « une saison de feux de forêt catastrophique, avec des réserves d’eau insuffisantes ».

Un écosystème marin bouleversé

Le réchauffement de l'eau perturbe également la vie sous-marine. Les chaînes alimentaires en sont affectées, ce qui a des répercussions sur les populations de baleines, de phoques et d'oiseaux de mer. L'un des premiers signes de cette perturbation est l'augmentation des échouages d'animaux marins sur les plages. Un précédent événement de même nature, survenu en 2015, avait causé la mort de plus d'un million d'oiseaux de mer le long de la côte Pacifique.

Face à cette situation, les scientifiques appellent à une surveillance renforcée et à une meilleure compréhension des mécanismes à l'œuvre, alors que le changement climatique global pourrait rendre ces épisodes de chaleur marine plus fréquents et plus intenses.