La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran aggrave des crises mondiales déjà graves et pousse un nombre record de personnes vers la faim, alors que les financements destinés à lutter contre la famine ont chuté, a indiqué le chef du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

Selon le PAM, 363 millions de personnes dans le monde sont désormais menacées par une faim aiguë, dont 45 millions en raison du conflit au Moyen-Orient et de la hausse des prix du pétrole qui en découle. Cette augmentation des besoins survient alors que les financements internationaux ont été réduits d'un tiers l'année dernière. Les États-Unis, de loin le plus grand donateur, ont diminué leur contribution de plus de la moitié.

Carl Skau, directeur exécutif par intérim du PAM depuis que l'ancienne directrice Cindy McCain a quitté ses fonctions pour raisons de santé plus tôt dans l'année, a déclaré que l'écart considérable entre les besoins et les financements avait contraint l'organisation à réduire ses programmes d'aide alimentaire d'urgence. Il a résumé la situation en affirmant que le PAM est obligé de « prendre aux affamés pour nourrir les mourants de faim ».

Conflit et prix du pétrole

La guerre américano-israélienne contre l'Iran, qui a débuté en 2025, a provoqué une flambée des prix du pétrole et des perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, affectant particulièrement les pays importateurs de nourriture et d'énergie. Les régions les plus touchées incluent le Moyen-Orient, l'Afrique et certaines parties de l'Asie, où les populations vulnérables dépendent fortement des importations. Le conflit a également exacerbé des crises alimentaires préexistantes, notamment au Yémen, en Syrie et en Afghanistan, où des millions de personnes dépendaient déjà de l'aide humanitaire.

Crise de financement

La réduction des contributions des donateurs, en particulier des États-Unis, a contraint le PAM à faire des choix difficiles. L'organisation a dû réduire les rations alimentaires dans plusieurs régions et suspendre certains programmes d'aide. Les Nations unies ont lancé des appels urgents aux donateurs pour combler le déficit de financement, mais les réponses ont jusqu'à présent été insuffisantes pour répondre à l'ampleur des besoins. Le manque de fonds a également affecté la capacité du PAM à acheminer de l'aide dans les zones de conflit, où l'accès reste limité en raison de l'insécurité.

Impact humanitaire

La combinaison de la guerre et de la crise de financement crée une situation sans précédent, selon les responsables de l'ONU. Les données montrent que le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire grave a augmenté de manière significative au cours de l'année écoulée, avec des pics particulièrement élevés en Gaza, au Soudan et en Éthiopie. Les agences humanitaires mettent en garde contre le risque de famine généralisée si des mesures ne sont pas prises rapidement pour rétablir les financements et assurer un accès humanitaire sans entrave.

Le PAM continue de travailler avec les gouvernements et les organisations partenaires pour tenter de répondre à la crise, mais les responsables préviennent que sans un changement majeur dans le niveau des dons et une résolution des conflits, la faim continuera de s'aggraver à l'échelle mondiale.