Alors que la France vise un parc de près de 450 000 bornes de recharge d’ici 2030, contre environ 195 000 aujourd’hui, l’annonce faite par le chef de l’État en pleine canicule a mis en lumière une préoccupation croissante : la vulnérabilité des infrastructures électriques aux fortes chaleurs.

Un phénomène amplifié par la chaleur Les bornes de recharge, tout comme les batteries des véhicules électriques, sont sensibles aux températures élevées. Lors d’un épisode caniculaire, le système de refroidissement des bornes peut être mis à rude épreuve. Certains modèles, notamment ceux équipés de câbles à refroidissement liquide, voient leur rendement chuter lorsque la température ambiante dépasse 35 °C. La puissance de charge délivrée peut alors être automatiquement réduite par le système de gestion thermique pour éviter une surchauffe des composants électroniques.

Des bornes qui ralentissent ou plantent Concrètement, un conducteur branché sur une borne rapide en plein après-midi caniculaire pourrait voir le temps de recharge s’allonger de 20 à 30 %, voire plus. Dans les cas extrêmes, la borne peut interrompre la session de charge pour protéger ses circuits. Les opérateurs de réseaux de recharge, interrogés lors de la réunion à l’Élysée, ont confirmé que la durée de vie des connecteurs et des câbles est également réduite par une exposition prolongée à des températures élevées, ce qui accroît les besoins en maintenance durant l’été.

Les réactions des autorités Lors de son point presse mardi, le gouvernement a rappelé que les normes de construction des bornes doivent intégrer ces contraintes climatiques. Des discussions sont en cours avec les fabricants pour améliorer la résistance thermique des équipements, en particulier pour les bornes installées en plein air, sans ombrage. Aucune mesure contraignante n’a toutefois été annoncée à ce stade.

Quelles solutions pour les usagers ? Pour limiter les désagréments, les experts recommandent de recharger de préférence tôt le matin ou tard le soir, lorsque les températures sont plus clémentes. Certains constructeurs automobiles travaillent également sur des systèmes de préconditionnement de la batterie qui, même en cas de forte chaleur, permettent de maintenir une température de charge optimale. En attendant, le déploiement accéléré du réseau de recharge devra composer avec les caprices d’un climat qui se réchauffe.