La dernière chenille connue de son espèce, un spécimen de papillon checkerspot des monts Sacramento (Euphydryas anicia sacramento), est morte. L’insecte, classé en danger critique d’extinction, était placé sous soins humains au ABQ BioPark d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Les scientifiques espéraient, contre toute attente, qu’il se métamorphoserait en papillon et qu’ils pourraient lui trouver un partenaire sauvage pour engendrer une nouvelle génération.

Un déclin accéléré par l’activité humaine

Cette sous-espèce du checkerspot d’Anicia ne se trouve que dans les monts Sacramento, au Nouveau-Mexique. Il y a quelques décennies, ces papillons aux ailes éclatantes étaient encore facilement observables. Mais le réchauffement climatique, les modifications des régimes d’incendie, le surpâturage, les plantes invasives et les activités de loisirs ont conduit à son déclin, selon l’interprétation des meilleures données disponibles par le Service américain de la pêche et de la faune (U.S. Fish and Wildlife Service).

L’insecte n’a pas été vu à l’état sauvage depuis 2022, mais il pourrait encore exister. Si un certain nombre d’extinctions d’espèces est naturel, les humains ont fortement accru ce taux en modifiant radicalement la planète.

Un spécimen unique en captivité

Dès le mois d’août de l’année précédant sa mort, la chenille solitaire en captivité peinait à survivre. Elle avait déjà vécu trois ans sans se transformer en papillon, une durée bien plus longue que ce que l’équipe soignante avait imaginé possible. Elle avait cessé de s’alimenter. Le personnel du BioPark, dont Quin Baine, spécialiste de la survie des espèces invertébrées à la New Mexico BioPark Society, tentait de la maintenir en vie. Mais l’insecte n’a finalement pas survécu.

Des pertes massives de papillons aux États-Unis

Au-delà de ce cas emblématique, de nombreuses populations de papillons subissent un déclin alarmant, affectant leur rôle dans les écosystèmes. Au cours des vingt dernières années seulement, les États-Unis ont perdu 22 % de leurs papillons, selon une étude de référence publiée l’année dernière. Ce chiffre illustre l’ampleur de la crise de la biodiversité qui touche ces pollinisateurs essentiels.

Un symbole de la fragilité de la biodiversité

La mort de cette dernière chenille captive devient un symbole de la fragilité des espèces endémiques face aux pressions d’origine humaine. Les scientifiques continuent de surveiller les monts Sacramento dans l’espoir de retrouver des spécimens sauvages, mais les chances s’amenuisent. Le cas du checkerspot des monts Sacramento rappelle l’urgence de protéger les habitats naturels et de limiter les effets du changement climatique sur la faune.