Le tribunal administratif de Montreuil a rendu une décision marquante mardi 26 mai, enjoignant à la région Île-de-France de retirer les manuels scolaires numériques qu'elle édite et diffuse auprès des lycéens. La juridiction a estimé que cette initiative était illégale, mettant un terme brutal à un projet lancé en 2022.

Depuis trois ans, la région mettait à disposition de ses 500 000 lycéens un portail unique baptisé Pearltrees, une plateforme numérique centralisant une cinquantaine d'ouvrages dématérialisés. Outre les manuels classiques des éditeurs privés (Hachette, Belin, Nathan…), la région avait développé ses propres contenus pédagogiques numériques, dont la légalité était contestée.

Des critiques venues de tous bords

Dès 2025, l'initiative suscitait l'opposition des éditeurs privés, qui y voyaient une concurrence déloyale et une atteinte à leurs droits. De nombreux enseignants et intellectuels avaient également exprimé leurs réserves, dénonçant une ingérence politique dans les contenus éducatifs et un risque de standardisation des savoirs au détriment de la liberté pédagogique.

Le tribunal a donné raison à ces opposants, en jugeant que la région n'avait pas compétence pour éditer elle-même des manuels scolaires, cette mission relevant de l'État et des éditeurs agréés. La décision ordonne le retrait immédiat des ouvrages incriminés.

Quelles conséquences pour les lycéens ?

Les lycéens franciliens pourraient perdre l'accès à une partie des ressources numériques mises à leur disposition. La région présidée par Valérie Pécrosse (ex-LR) doit désormais se conformer au jugement. Ce dernier intervient dans un contexte plus large de numérisation de l'éducation, où les régions cherchent à moderniser l'enseignement tout en maîtrisant les coûts.

Un précédent pour d'autres régions ?

Plusieurs autres régions françaises ont suivi l'exemple francilien en développant leurs propres plateformes numériques. La décision du tribunal administratif de Montreuil pourrait faire jurisprudence et les contraindre à revoir leurs projets. L'affaire relance également le débat sur la place du numérique à l'école, entre volonté d'innovation et respect des prérogatives de l'Éducation nationale.