Moins de deux mois après le survol record de la Lune par la mission Artemis II, la NASA a détaillé mardi la première phase de son projet de base lunaire, en attribuant des contrats à quatre entreprises américaines. Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, fournira deux atterrisseurs chargés d'acheminer des rovers lunaires jusqu'à un site proche du pôle Sud de la Lune. Ces véhicules de terrain, appelés « lunar terrain vehicles », seront construits par Astrolab et Lunar Outpost. Firefly Aerospace, qui a réussi un alunissage l'an dernier, livrera les premiers drones à destination de la Lune.

L'ensemble de cet équipement doit idéalement arriver avant le premier débarquement d'astronautes du programme Artemis, prévu au plus tôt en 2028. Lors de la mission Artemis II, en avril 2026, quatre astronautes ont contourné la Lune, s'enfonçant plus loin dans l'espace que les équipages d'Apollo à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Pour la mission Artemis III, prévue l'année prochaine, une autre équipe d'astronautes s'entraînera à l'amarrage de la capsule Orion de la NASA.

Des engines clés pour l'exploitation lunaire Les contrats, d'un montant de plusieurs centaines de millions de dollars, marquent une étape concrète vers l'établissement d'une présence humaine durable sur la Lune. Les atterrisseurs de Blue Origin serviront de plates-formes de descente pour les rovers, tandis que les drones de Firefly Aerospace permettront des reconnaissances aériennes et des relevés scientifiques. Les rovers d'Astrolab et de Lunar Outpost sont conçus pour transporter des astronautes et du matériel sur le sol lunaire, contribuant ainsi à la logistique de la future base.

Un calendrier ambitieux Le programme Artemis de la NASA vise à retourner sur la Lune de manière pérenne, avec pour objectif à plus long terme des missions habitées vers Mars. Le choix du pôle Sud lunaire s'explique par la présence probable de glace d'eau dans les cratères ombragés, ressource précieuse pour la production d'eau, d'oxygène et de carburant. La réussite de cette première phase dépendra de la coordination entre les entreprises et du respect des échéances techniques.

Les précédents et les défis L'alunissage réussi de Firefly Aerospace l'année dernière a démontré la capacité des entreprises privées à opérer sur la Lune. Toutefois, la conception et le déploiement d'une base permanente impliquent des défis majeurs : protection contre les radiations, gestion des températures extrêmes, et fiabilité des systèmes de survie. Les contrats annoncés constituent une première réponse à ces enjeux, en finançant le développement d'infrastructures de transport et de mobilité.