La Suède passe commande de quatre frégates

Le gouvernement suédois a officialisé mardi l'acquisition de quatre frégates auprès du groupe français Naval Group. Ce contrat, d'un montant total estimé à plus de 3,5 milliards d'euros, marque une étape majeure dans le renforcement des capacités militaires du pays, devenu membre de l'OTAN en mars 2024.

Le Premier ministre Ulf Kristersson a annoncé cette décision à l'issue d'une analyse comparative de trois offres concurrentes. « Sur la base de cette analyse, le gouvernement a décidé que la Suède achètera quatre nouvelles frégates dans le cadre d'un très important accord international de défense industrielle », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. « Cela représente un triplement de la capacité de défense aérienne de la Suède par rapport à aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Premières livraisons à partir de 2030

Les navires commandés sont des frégates de type FDI (Défense et Intervention), vendues par Naval Group. La première livraison est attendue pour 2030, les trois autres devant suivre d'ici 2035. Chaque bâtiment est estimé à « un peu plus de 10 milliards de couronnes suédoises », soit environ 900 millions d'euros ou 1,05 milliard de dollars, en fonction des systèmes d'armes embarqués. Le ministre de la Défense Pal Jonson a indiqué que ces chiffres restaient des estimations.

Les quatre frégates porteront les noms de HSwMS Lulea, Norrköpping, Trelleborg et Halmstad. Constituant les plus grands navires de surface de la flotte suédoise, elles bénéficieront d'une durée de vie prévue de quarante ans.

Un investissement sans précédent depuis les années 1980

Ulf Kristersson a qualifié cette commande de plus important investissement militaire du pays depuis l'introduction des chasseurs Gripen, dans les années 1980. La Suède, qui était restée neutre durant la guerre froide, a rejoint l'OTAN en mars 2024 après avoir déposé sa candidature en mai 2022, peu après le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Le pays cherche désormais à accélérer le renforcement de ses capacités de défense.

Choix français face à la concurrence

Naval Group a remporté l'appel d'offres face à deux rivaux : l'espagnol Navantia et une offre conjointe du britannique Babcock avec le suédois Saab. Le ministre de la Défense a justifié ce choix par plusieurs facteurs : la capacité à réaliser une « livraison rapide », le partage des coûts avec la France et un autre client, la Grèce, ainsi que l'intégration d'un système de défense aérienne déjà éprouvé. Le gouvernement a également demandé que les navires soient équipés pour utiliser plusieurs armes développées en Suède, notamment par Saab, dont les filiales navales sont concernées.

Un programme de défense ambitieux

La Suède dispose actuellement de cinq corvettes de classe Visby et de deux corvettes plus anciennes de classe Gävle, ainsi que de sous-marins en cours de modernisation et de divers navires de commandement, de soutien et de patrouille. La coalition de centre-droit au pouvoir figure parmi les plus fermes soutiens européens de l'Ukraine. Le pays vise une dépense de défense équivalant à 3,5 % de son PIB d'ici 2030, soit plusieurs années avant les objectifs fixés par l'OTAN.

À titre de comparaison, la Norvège voisine a opté l'année dernière pour les frégates Arrowheat 120 de Babcock, plutôt que pour le modèle FDI de Naval Group.