Le gouvernement britannique a refusé de débloquer des crédits spécifiques pour les « domestic homicide reviews » (DHR), ces enquêtes obligatoires menées après un décès lié à des violences au sein du couple. La décision, prise par le Home Office, signifie que les collectivités locales d’Angleterre et du Pays de Galles devront continuer à financer ces examens sur leurs propres budgets, déjà sous pression.

Nicole Jacobs, la commissaire indépendante chargée des violences domestiques, a qualifié ce refus de « profondément préoccupant ». Dans une déclaration rendue publique, elle a appelé les responsables à faire preuve de « plus de courage et d’audace » dans leurs choix budgétaires, estimant que l’absence de ressources directes compromet la qualité et la régularité des DHR.

Les « domestic homicide reviews » sont des processus mis en place pour tirer les leçons de chaque décès lié à des violences conjugales ou familiales. Ils rassemblent police, services sociaux, santé et associations afin d’identifier les failles dans les dispositifs de protection et de prévention. Leur réalisation est obligatoire depuis plusieurs années, mais leur financement repose quasi-exclusivement sur les conseils locaux, sans ligne dédiée dans le budget national.

Le refus du gouvernement intervient dans un contexte où plusieurs autorités locales ont déjà signalé des difficultés à mener ces enquêtes faute de moyens. Certaines ont dû réduire leur périmètre ou allonger les délais. La commissaire Jacobs craint que cette situation n’entraîne une perte d’informations cruciales pour améliorer la réponse institutionnelle face aux violences domestiques.

Le Home Office n’a pas proposé d’alternative pour alléger la charge financière des collectivités. Aucune annonce de réforme du dispositif ou de crédit supplémentaire n’a été faite à ce stade.