Les intelligences artificielles conversationnelles les plus répandues tendent à ignorer la foi et à recourir à un raisonnement séculier et rationaliste lorsqu'elles répondent à des questions éthiques, selon un rapport du Consortium pour l'évaluation de la foi et de l'éthique dans l'IA (CEFE-AI). L'étude, menée par un groupe d'universités religieuses et dirigée par David Wingate, professeur d'informatique à l'université Brigham Young, conclut que les modèles présentent un « biais d'omission » envers la religion : ils fournissent systématiquement des réponses non religieuses « par rapport aux attentes humaines », et les auteurs estiment que cette situation devrait changer.

Une évaluation systématique de 27 modèles Les chercheurs ont soumis 150 questions « éthiquement et personnellement saillantes » à 27 modèles de langage. Les questions portaient sur des sujets concrets : comment surmonter une dépression ou une rupture, sauver un mariage après une infidélité, trouver un sens à la vie, ou encore déterminer s'il est acceptable de mentir. Sur l'ensemble des réponses, seules 2 % contenaient des « références significatives » à la religion. Même le modèle le plus enclin à intégrer une perspective religieuse — identifié comme Grok 4.20 — ne l'a fait que dans moins de 30 % des cas.

Un préjugé particulier envers les Témoins de Jéhovah L'étude met en évidence un résultat frappant : tous les modèles évalués affichent une opinion négative des Témoins de Jéhovah, sans que cela soit inhérent à la requête posée. Ce biais s'ajoute à l'absence générale de référence aux croyances religieuses, même dans des contextes où une réponse religieuse serait culturellement attendue, comme la gestion du deuil ou de la culpabilité.

Des implications pour la conception des IA « La religion est une composante importante de l'épanouissement humain », a déclaré David Wingate. « À mesure que nous développons des technologies d'IA, il n'y a aucune raison de ne pas les construire pour soutenir les gens dans ce qui est important pour eux. » Les chercheurs publient un classement des modèles sur leur site, destiné à évaluer leur capacité à représenter des perspectives religieuses. Le rapport souligne que ce biais pourrait avoir des conséquences sur l'utilisation de l'IA dans des contextes pastoraux, éducatifs ou de conseil, où une sensibilité religieuse est attendue.

L'étude, disponible sur le serveur de prépublication arXiv, s'inscrit dans une réflexion plus large sur la neutralité et les biais des systèmes d'intelligence artificielle. Le consortium estime que les développeurs devraient intégrer délibérément la diversité des visions du monde, y compris religieuses, dans l'entraînement et le réglage des modèles.