Les marchés financiers américains ont connu une nette hausse mercredi, portés par de nouvelles spéculations sur une possible conclusion d'un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. L'indice S&P 500 a gagné 0,1 %, atteignant un nouveau record historique, tandis que le Dow Jones Industrial Average a progressé de 243 points (0,5 %) et le Nasdaq composite a avancé de 0,1 %. Cette euphérie coïncide avec un recul marqué du prix du pétrole, le baril de brut américain chutant de 5,5 % pour s'établir à 88,68 dollars, et le Brent tombant à 92 dollars après avoir dépassé les 100 dollars la semaine précédente.
Un optimisme nourri par un document préliminaire
Le mouvement haussier a été déclenché par la diffusion, par le média d'État iranien, d'un document préliminaire décrivant les grandes lignes d'un cadre d'accord potentiel. Selon ce rapport, l'Iran autoriserait le trafic à travers le détroit d'Ormuz à son niveau d'avant-guerre dans un délai de trente jours, et les États-Unis lèveraient leur blocus naval sur les ports iraniens. La Maison Blanche a rapidement qualifié ces informations de « fabrication complète », mais les marchés sont restés orientés à la hausse.
Des précédents et des doutes persistants
Ce n'est pas la première fois que les marchés réagissent avec optimisme à des rumeurs de rapprochement entre Washington et Téhéran, pour ensuite déchanter lorsque les négociations achoppent. Toutefois, la vigueur de la hausse actuelle reflète des déclarations récentes suggérant que les deux parties seraient plus proches que jamais d'un accord. Le président Donald Trump a déclaré mercredi, lors d'une réunion du cabinet, que les responsables américains n'étaient « pas encore satisfaits de l'accord, mais nous le serons ». Il a ajouté : « Je pense qu'ils commencent à nous donner ce qu'ils doivent nous donner. Et s'ils le font, c'est parfait, et s'ils ne le font pas, alors l'homme à ma gauche devra les achever », en désignant le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Les principaux points de blocage
Plusieurs questions cruciales demeurent en suspens. Le sort d'environ 440 kilogrammes d'uranium hautement enrichi, l'infrastructure nucléaire iranienne que les États-Unis voudraient voir entièrement démantelée, les missiles balistiques de Téhéran et son soutien à des groupes armés régionaux constituent des obstacles majeurs. Par ailleurs, il n'est pas certain qu'un arrêt des hostilités au Liban soit intégré à un éventuel accord, bien que les responsables iraniens aient répété que tout arrangement devrait inclure ce volet. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a ordonné cette semaine à l'armée israélienne d'intensifier ses frappes contre le Hezbollah.
Sanctions et avoirs gelés
La question de la levée des sanctions américaines contre l'Iran et de la libération de millions de dollars d'avoirs iraniens gelés reste également ouverte. Les investisseurs parient sur une détente rapide, mais l'issue des négociations demeure incertaine. Les prochains jours pourraient être décisifs.