Meta a accepté jeudi de régler une plainte pour addiction aux réseaux sociaux déposée par un district scolaire du Kentucky, évitant ainsi un procès test qui devait s'ouvrir en juin devant un tribunal fédéral d'Oakland, en Californie. YouTube, Snap et TikTok avaient déjà trouvé un accord avec le même district, Breathitt County Schools. Les termes des règlements n'ont pas été divulgués, mais la plainte du district réclamait plus de 60 millions de dollars pour financer des programmes de santé mentale.

Un contentieux massive contre les géants de la tech

Ce dossier fait partie d'un ensemble d'environ 1 200 actions en justice intentées par des districts scolaires à travers les États-Unis contre Meta, TikTok, Snapchat et YouTube. Les plaignants accusent ces entreprises d'avoir conçu des technologies addictives qui ont entraîné des coûts importants pour les écoles, notamment en matière de conseil psychologique, de programmes techniques et d'autres services. Les plaintes décrivent des fonctionnalités comme le défilement infini et la lecture automatique des vidéos, qui créeraient un usage compulsif chez les mineurs, conduisant à la dépression, l'anxiété, les troubles alimentaires et les pensées suicidaires.

Les précédents judiciaires défavorables à Meta

Ce règlement intervient après deux lourdes défaites pour Meta en mars dernier. Un jury de Los Angeles a reconnu Meta et YouTube responsables de préjudices subis par une jeune femme de 20 ans, connue sous le pseudonyme K.G.M. Le verdict lui a accordé 6 millions de dollars de dommages et intérêts. Le même mois, un tribunal du Nouveau-Mexique a condamné Meta à verser 375 millions de dollars à l'État pour avoir violé les lois sur la protection des consommateurs en laissant des prédateurs contacter des enfants sur ses applications. Meta et YouTube ont annoncé leur intention de faire appel de ces décisions.

Les arguments des parties

Meta, Snap, TikTok et YouTube soutiennent qu'il n'existe pas de lien scientifique clair entre l'utilisation de la technologie et l'addiction, et qu'il faut des preuves solides que leurs produits ont causé un préjudice significatif aux jeunes utilisateurs. De leur côté, les avocats des plaignants s'inspirent de la stratégie employée contre l'industrie du tabac dans les années 1990, en comparant les réseaux sociaux à des cigarettes ou des casinos.

Prochaines échéances judiciaires

Le procès du Kentucky était le premier d'une série de dossiers fédéraux déposés par des districts scolaires et des procureurs généraux, dont les audiences devaient débuter cet été à Oakland. La prochaine affaire, concernant un district de Tucson, en Arizona, est programmée pour la mi-août. Les avocats principaux du district du Kentucky, Lexi Hazam, Previn Warren, Chris Seeger et Ronald Johnson, ont déclaré dans un communiqué qu'ils concentraient désormais leurs efforts sur les autres plaintes. « Notre objectif reste d'obtenir justice pour les 1 200 districts scolaires restants qui ont déposé des plaintes », ont-ils affirmé.

Réaction de Meta

Liza Crenshaw, porte-parole de Meta, a indiqué : « Nous avons résolu cette affaire à l'amiable et restons concentrés sur notre travail de longue date visant à mettre en place des protections comme les Comptes Adolescents, qui aident les jeunes à rester en sécurité en ligne, tout en offrant aux parents des contrôles simples pour soutenir leurs familles. »