La France veut s’imposer comme un moteur dans la régulation du numérique à destination des plus jeunes. Ce vendredi, à l’issue de la réunion des ministres du numérique du G7 qui se déroulait à Bercy, la ministre de l’IA et du Numérique, Anne Le Hénanff, a estimé que la protection en ligne devenait désormais « une priorité internationale ». Une déclaration qui intervient alors que Paris prépare une loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans dès le mois de septembre.
Un consensus sur les risques, mais pas de mesures concrètes
Si l’ambiance était à la satisfaction côté français, la réunion n’a pas débouché sur un plan d’actions chiffré ou contraignant. Les participants se sont accordés sur des « principes communs », selon les mots de la ministre. « On est d’accord pour dire que ça a un impact sur les enfants, que ce sont des risques systémiques », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’il faudrait aller plus loin sur les modèles économiques des plateformes et « être plus exigeants vis-à-vis » d’elles.
Ce manque de mesures concrètes n’a pas entamé l’optimisme de la ministre, qui a attribué cette avancée à la présidence française du G7. « Nous envoyons un signal fort. La protection en ligne est une priorité internationale et c’est à mettre au crédit de la présidence française », a-t-elle déclaré.
L’exemple français : une loi avant l’été
Paris espère que son initiative nationale, une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, pourra faire école auprès de ses partenaires. Le texte, qui devrait entrer en vigueur en septembre, constituerait une première mondiale par son ambition. La France entend ainsi prouver qu’une régulation stricte est possible sans nuire à l’innovation.
Pour l’heure, les discussions internationales restent au stade des déclarations d’intention. Les ministres ont toutefois reconnu la nécessité de travailler plus finement sur la responsabilité des plateformes et sur la protection des données des enfants. La question des algorithmes amplifiant les contenus nocifs a également été évoquée.
Un dossier qui dépasse les clivages
La protection des mineurs en ligne fait l’objet d’un large consensus politique en France, au-delà des clivages traditionnels. Le gouvernement a fait de ce thème l’un des axes de sa politique numérique, en s’appuyant sur des études montrant l’impact de l’exposition précoce aux écrans sur la santé mentale des adolescents.
Reste à savoir si les autres pays du G7 suivront l’exemple français. La ministre a indiqué que les discussions se poursuivraient dans les mois à venir, avec l’objectif de transformer les principes communs en engagements plus précis. D’ici là, Paris compte bien capitaliser sur sa présidence pour maintenir le sujet au sommet de l’agenda international.