Les emballages alimentaires en plastique, les bouchons et couvercles, ainsi que les bouteilles en plastique constituent les trois catégories de déchets les plus fréquemment retrouvées sur les rivages de la planète, selon une étude publiée le 20 mai dans la revue One Earth. Ce travail, inédit dans sa méthode, est le premier à classer les déchets marins à l’échelle mondiale en fonction de leur usage d’origine.
L’étude s’appuie sur plus de 5 000 enquêtes menées sur les côtes de 112 pays répartis sur les sept continents, couvrant ainsi 86 % de la population mondiale. Les résultats montrent que ces trois types de déchets plastiques — emballages alimentaires, bouchons/couvercles et bouteilles — sont les plus abondants dans 93 % des pays étudiés. Viennent ensuite les sacs en plastique et les mégots de cigarettes.
Des chiffres globaux alarmants
Selon de récentes estimations citées dans l’étude, environ 20 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetés chaque année dans l’environnement. Cette pollution touche l’ensemble des océans et affecte la faune marine, les écosystèmes côtiers et potentiellement la santé humaine via la chaîne alimentaire.
Une solution qui dépasse la gestion des déchets
Les autrices et auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’agir en amont. Susan Jobling, directrice de l’Institut de l’environnement, de la santé et des sociétés à l’université Brunel de Londres et co-autrice de l’étude, a déclaré dans un communiqué : « Cette étude montre pourquoi la pollution plastique ne peut être résolue par la seule gestion des déchets. Des solutions en amont — réduction, réutilisation, amélioration de la conception des emballages et renforcement des politiques — sont essentielles si nous voulons prévenir la pollution plastique à la source. »
Implications pour les politiques publiques
Ces résultats pourraient éclairer les négociations internationales en cours sur un traité mondial contre la pollution plastique. En identifiant précisément les produits les plus problématiques, l’étude fournit aux gouvernements et aux industriels une base factuelle pour prioriser les mesures de réduction à la conception, avant même que les déchets n’atteignent l’océan. Les auteurs soulignent que des actions ciblées sur les emballages alimentaires, les bouchons et les bouteilles pourraient avoir un impact disproportionné sur la réduction de la pollution côtière.
Un appel à repenser les emballages
Au-delà des chiffres, l’étude met en lumière l’échec des modèles actuels de production et de consommation de plastique. Malgré les efforts de recyclage et de nettoyage, les déchets liés à l’alimentation continuent de dominer les échouages sur les plages. Les chercheurs appellent donc à une transformation radicale de la conception des emballages, en favorisant les matériaux réutilisables, les systèmes de consigne et les alternatives biodégradables ou compostables.
Cette recherche intervient alors que la production mondiale de plastique ne cesse d’augmenter et que les écosystèmes marins subissent une pression croissante. L’étude offre une cartographie précise des sources de pollution, permettant aux décideurs de concentrer leurs efforts là où ils sont le plus nécessaires.