Le thriller d'espionnage « Mata », réalisé par Rachel Lang, est sorti en salles ce 27 mai. Eye Haïdara y interprète le rôle-titre, une agente de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) plongée au cœur d'une mission à haut risque. Pour se glisser dans la peau de ce personnage, l'actrice a vécu une préparation hors normes, à la fois physique et psychologique, qu'elle a détaillée dans un entretien.
Une immersion au cœur de la DGSE
Afin de s'imprégner du quotidien des agents du renseignement, Eye Haïdara a passé une semaine au sein même du quartier général de la DGSE, situé à Paris. L'expérience a été aussi fascinante que déroutante. « On s'est retrouvé dans Paris, sans identité », raconte-t-elle, évoquant la nécessité de se fondre dans la masse et de ne laisser aucune trace de son passage. Cette immersion l'a notamment confrontée à la rigueur des procédures de sécurité et à l'atmosphère de discrétion absolue qui règne dans ces services.
« J'ai pu rencontrer des agents, observer comment ils travaillent, comment ils se déplacent, comment ils parlent », explique l'actrice. Cette plongée dans le « vrai » monde de l'espionnage a été déterminante pour construire son personnage, loin des clichés hollywoodiens. Elle a ainsi appris que la discrétion est la première arme d'un agent, bien avant la force ou la technologie.
Un entraînement physique et mental intensif
Parallèlement à cette immersion, Eye Haïdara a suivi un entraînement militaire et physique rigoureux. Encadrée par un commandant de l'armée, elle a pratiqué des exercices de combat rapproché, de maniement d'armes à feu et de techniques de filature et de contre-filature. « Il fallait que mon corps soit prêt, mais aussi mon mental », confie-t-elle. L'actrice décrit cette préparation comme « très immersive », soulignant qu'elle a dû apprendre à gérer le stress des situations extrêmes, à rester calme sous pression et à adopter une posture toujours alerte. « Chaque geste devait être précis, chaque regard devait en dire long sans rien révéler », précise-t-elle.
Cette préparation a également inclus un travail sur la voix et le regard, essentiels pour incarner un personnage qui doit constamment dissimuler ses émotions. Eye Haïdara insiste sur le fait que l'espionnage, à l'écran comme dans la réalité, est autant une question de psychologie que de prouesses physiques.
Un personnage de femme puissante
Au-delà de l'action, « Mata » explore la place des femmes dans les services de renseignement, un univers traditionnellement masculin. Eye Haïdara interprète une agente qui doit composer avec les stéréotypes et les rapports de force pour mener à bien sa mission. La réalisatrice Rachel Lang a voulu offrir un rôle complexe, loin des archétypes de la « femme fatale » ou de la « guerrière invincible ».
L'actrice confie avoir été attirée par cette dimension : « Ce n'est pas juste un film d'action. C'est un film sur une femme qui porte un poids, qui a des doutes, mais qui avance quand même. » Elle salue la perspective de Rachel Lang, qui filme le corps de son héroïne non pas comme un objet de désir, mais comme un instrument de son métier. « Mata est une agente avant tout, avec sa fragilité et sa force », résume Eye Haïdara.
Un thriller qui bouscule les codes
« Mata » se distingue par son approche réaliste et son attention portée aux détails du métier. Le film suit le parcours de cette agence de la DGSE confrontée à une menace terroriste. La préparation minutieuse de l'actrice a permis d'apporter une authenticité rare aux séquences d'action et aux scènes de filature. Eye Haïdara espère que le public pourra voir au-delà du divertissement : « Ce film montre aussi le prix à payer pour ces hommes et ces femmes qui travaillent dans l'ombre. »
Avec ce rôle, l'actrice, connue pour ses interprétations dans « Le Sens de la fête » ou « Les Misérables », aborde un registre plus sombre et physique, confirmant sa polyvalence. « Mata » est présenté comme un thriller d'espionnage moderne, où l'humain et la psychologie priment sur les gadgets et les explosions.