Un soutien politique croissant

La possibilité d'une panthéonisation de Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 par un islamiste, gagne du terrain dans le débat public. Plusieurs voix politiques se sont élevées en faveur de cette distinction suprême, qui revient au président de la République.

Le maire du Havre et président du parti Horizons, Edouard Philippe, a déclaré sur France 5 que « Samuel Paty devait pouvoir être au Panthéon ». Sollicité par la sœur de l'enseignant, il s'est dit « tout à fait prêt à l'aider dans ses démarches ». Il a justifié sa position en estimant que l'on place au Panthéon « des gens qui se sont illustrés au service de la République et au service de la France », ajoutant que Samuel Paty « a continué modestement, résolument et avec une honnêteté intellectuelle à enseigner, de sorte qu'on soit capable de comprendre ce qui se joue dans ce pays en matière de valeurs républicaines ».

Une pétition qui recueille un large écho

Une pétition intitulée « Samuel Paty : un professeur au Panthéon », hébergée sur la plateforme Change.org, a déjà recueilli plus de 57.000 signatures. Ses initiateurs y déclarent que « panthéoniser Samuel Paty, c'est bien davantage qu'un hommage à un homme. C'est reconnaître le courage discret de ces milliers de professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine ».

Une question posée au gouvernement

Le 19 mai, le député Les Républicains et ancien ministre Jean-Louis Thiériot a interpellé le gouvernement sur ce sujet lors des questions au gouvernement. La ministre déléguée à l'Enseignement professionnel, Sabrina Roubache, a répondu que cela posait « la question de la forme la plus juste pour honorer sa mémoire », sans se prononcer explicitement en faveur d'une panthéonisation.

Le film « L'Abandon » au cœur des discussions

Depuis le 13 mai, le film « L'Abandon », qui retrace les onze derniers jours de la vie de Samuel Paty, est projeté dans les salles. Le gouvernement a encouragé le public à voir cette œuvre, tout en rappelant qu'il ne souhaitait pas « obliger » les élèves ou les enseignants à le faire, au nom de la « liberté pédagogique ». Un projet pédagogique, préparé par l'équipe du film, est en cours d'élaboration au sein de l'Éducation nationale pour être mis à disposition des professeurs qui le souhaitent. Un sondage de l'Institut CSA pour Europe 1 et le JDD, paru le 20 mai, indique que 79% des Français sont favorables à une projection de ce film dans les collèges et les lycées.

La décision finale sur une éventuelle panthéonisation de Samuel Paty appartient désormais au président de la République.