Un projet suspendu
Une artère parisienne pourrait-elle un jour porter le nom de Claude Lanzmann ? La question est relancée par son épouse, Dominique Lanzmann, qui exprime son incompréhension et sa colère dans un entretien. Selon elle, le projet d'une allée dédiée au réalisateur du film monumental « Shoah » a été abandonné par la précédente municipalité, sur la base d'accusations relayées par des élus écologistes. Elle estime que cet hommage aurait « tout son sens ».
Des accusations contestées
Dominique Lanzmann ne précise pas la nature exacte des griefs qui ont conduit à cet abandon. Elle les qualifie simplement d'« accusations », sans entrer dans les détails. Elle affirme que ces allégations, portées par des représentants du parti écologiste, sont infondées et ont injustement entaché la mémoire de son mari. Pour elle, ce rejet constitue une injustice, alors que Claude Lanzmann est une figure majeure du cinéma et de la mémoire de la Shoah.
Un hommage empêché
L'ancienne majorité municipale, dirigée par Anne Hidalgo, avait donc renoncé à inscrire le nom de Claude Lanzmann dans l'espace public parisien. Dominique Lanzmann ne cache pas son amertume : elle estime que ce projet, qui aurait pu prendre la forme d'une allée, aurait été un juste hommage à l'œuvre et à l'engagement de son mari. Elle ne mentionne pas si des démarches ont été entreprises auprès de l'actuelle équipe municipale pour relancer le dossier.
Le poids de « Shoah »
Claude Lanzmann, décédé en 2018, reste surtout connu pour son film « Shoah », une œuvre documentaire de neuf heures sur l'extermination des Juifs d'Europe. Ce film, salué dans le monde entier, est considéré comme un témoignage essentiel. Sa notoriété dépasse largement les frontières de la France. Pour sa veuve, cette reconnaissance universelle rend d'autant plus incompréhensible le refus de la Ville de Paris de lui rendre hommage.
Des précédents controversés
Ce n'est pas la première fois que des débats sur la dénomination des voies publiques parisiennes suscitent des tensions. Plusieurs personnalités historiques, écrivains ou artistes ont vu leur projet de panneau de rue contesté ou abandonné en raison de zones d'ombre dans leur passé ou de positions jugées problématiques. La question de la mémoire et de la place des figures controversées dans l'espace public est récurrente à Paris.
Une situation qui interroge
L'affaire interroge sur les critères retenus par la municipalité pour honorer une personnalité. Dominique Lanzmann espère visiblement que l'actuel exécutif parisien reviendra sur cette décision. Elle ne ferme pas la porte à un dialogue, mais insiste sur le caractère infondé des accusations qui ont bloqué le précédent projet. La balle est désormais dans le camp de la mairie, qui n'a pour l'instant pas communiqué officiellement sur le sujet.