L'ancien président des États-Unis, Joseph R. Biden Jr., a intenté une action en justice tard mardi contre le département de la Justice afin d'empêcher la divulgation d'enregistrements d'entretiens qu'il a eus avec son nègre littéraire lors de la rédaction de ses mémoires publiés en 2017. Ces enregistrements sont entrés en possession du département de la Justice en 2023, sous l'administration de l'ancien procureur général Merrick B. Garland, dans le cadre d'une enquête menée par un procureur spécial sur la détention par M. Biden de documents classifiés datant de son mandat de vice-président.

Bien que le département de la Justice ait alors résisté aux efforts de divulgation publique de ces bandes, il a changé de position sous l'administration Trump et prévoit de les remettre à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, d'ici le 15 juin, à moins qu'un juge n'intervienne. La plainte déposée par les avocats de l'ancien président soutient que la demande de la commission est « prétextuelle, dépourvue de but législatif légitime, excède le champ des pouvoirs d'enquête de la commission, et est invalide et inapplicable ».

Contexte de l'enquête sur les documents classifiés

L'enquête du procureur spécial Robert K. Hur, conclue en 2024, a établi que certains éléments suggéraient que M. Biden avait « volontairement conservé » des documents classifiés, mais a estimé que les faits ne prouvaient pas qu'il l'avait fait intentionnellement. Le rapport publié par M. Hur dépeignait néanmoins M. Biden comme un « homme âgé bien intentionné, avec une mauvaise mémoire ». Les enregistrements litigieux concernent plusieurs conversations que M. Biden a eues avec Mark Zwonitzer, son nègre littéraire pour le livre « Promise Me, Dad: A Year of Hope, Hardship, and Purpose », qui relate ses épreuves professionnelles et personnelles après la mort de son fils aîné, Beau, des suites d'un cancer du cerveau.

Arguments juridiques de la défense

Dans sa plainte, l'équipe juridique de l'ancien président affirme que « tout Américain, y compris un vice-président en exercice ou ancien, a droit à la vie privée dans les conversations personnelles qu'il a dans sa propre maison ». Le document ajoute que lorsque des éléments sont rassemblés au cours d'une enquête pénale, « le département a une responsabilité particulière de les protéger de la divulgation ». Les avocats de M. Biden contestent ainsi la légitimité de la commission judiciaire de la Chambre, qui enquête depuis longtemps sur la famille Biden, à obtenir ces enregistrements.

Implications politiques et juridiques

Cette action en justice intervient dans un climat politique tendu à Washington, où les républicains multiplient les enquêtes sur l'administration Biden. La remise prévue des enregistrements à la commission républicaine est perçue comme un revirement du département de la Justice, qui avait précédemment refusé de les divulguer. La décision du tribunal, attendue avant le 15 juin, déterminera si la commission pourra accéder à ces conversations privées, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la perception publique de l'ancien président et sur les enquêtes en cours.