À peine les élections municipales passées, le débat public français s’est déjà laissé happer par la course à l’Élysée. Les chaînes d’information vivent au rythme des candidatures, des petites phrases et des stratégies d’appareil. Mais sur l’essentiel, le silence demeure assourdissant : rien sur la place des territoires, sur le pouvoir d’agir local, sur la décentralisation et sur l’avenir des services publics de proximité.

Ce constat est dressé par Philippe Rio, maire et chroniqueur, dans un billet publié le 27 mai 2026. Il y dénonce l’absence quasi totale de débats de fond sur les collectivités territoriales dans la campagne présidentielle. Alors que les maires, les présidents de départements et de régions sont en première ligne pour gérer le quotidien des citoyens – écoles, transports, eau, déchets, culture – leur parole et leurs prérogatives sont reléguées au second plan.

Un silence qui interroge

Le propos de Philippe Rio n’est pas une simple critique de forme. Il souligne une contradiction majeure : les Français attendent des solutions concrètes pour leur vie de tous les jours – maintien des écoles rurales, accès aux soins, transports en commun, logement – mais les candidats à la présidentielle peinent à proposer des projets cohérents pour les territoires. Le chroniqueur rappelle que la décentralisation, pourtant présentée comme un pilier de la démocratie, n’a cessé de reculer ces dernières années, avec une recentralisation rampante des décisions et des moyens.

Le pouvoir d’agir local en question

Selon l’auteur, la question centrale est celle du pouvoir d’agir des élus locaux. Les collectivités subissent depuis plusieurs années une baisse de leurs dotations, une complexification des normes et une perte d’autonomie fiscale. Dans le même temps, les services publics de proximité – postes, hôpitaux, gendarmeries, écoles – ferment ou se dégradent, creusant les inégalités entre les métropoles et les zones rurales ou périurbaines.

Philippe Rio estime que la campagne présidentielle ne peut faire l’économie d’un débat sur ces sujets. Il en appelle à une prise de conscience des candidats et des médias pour remettre les territoires au cœur de l’agenda politique. L’enjeu, dit-il, n’est pas seulement technique ou budgétaire : il est démocratique, car c’est sur le terrain que se joue la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Un appel à la mobilisation

Au-delà du diagnostic, le chroniqueur invite les élus locaux et les citoyens à interpeller les prétendants à l’Élysée. Il suggère que des propositions concrètes sur la décentralisation, le financement des collectivités et la relance des services publics soient formulées et mises en débat. Sans cela, prévient-il, la présidentielle risque de se résumer à un face-à-face médiatique déconnecté des réalités vécues par la majorité des Français.