L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a pris une dernière fois la parole mercredi 27 mai 2026, au dernier jour de son procès en appel dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il a qualifié la procédure de « fable », de « calomnie » et de « manipulation », dénonçant un « roman grotesque ». La défense a cherché à exploiter les zones d’ombre du dossier pour obtenir la relaxe de son client.

Des plaidoiries longues et offensives

Les quatre avocats de Nicolas Sarkozy ont plaidé pendant environ sept heures, tentant de mettre en évidence les faiblesses de l’accusation. Ils ont notamment souligné les contradictions dans les témoignages et l’absence de preuves matérielles irréfutables. La défense a également contesté la validité des écoutes téléphoniques et des investigations menées par les juges d’instruction.

Le réquisitoire du parquet général

Lors des audiences précédentes, le parquet général avait requis une peine de prison ferme à l’encontre de Nicolas Sarkozy, estimant que les faits de corruption, de financement illégal de campagne et d’abus de biens sociaux étaient établis. Le ministère public avait dénoncé des « atteintes à la confiance publique parmi les plus graves ». Ces réquisitions avaient suscité une vive réaction de la défense.

Un délibéré attendu

Après la clôture des débats, la cour d’appel a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 30 novembre 2026. En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et financement illégal de campagne. Il avait également été condamné dans le cadre de l’affaire « Bismuth » pour corruption et trafic d’influence.

Le contexte de l’affaire libyenne

L’affaire libyenne porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. Des documents et des témoignages ont suggéré que des fonds libyens auraient été versés en échange de faveurs diplomatiques. L’ancien président a toujours nié ces accusations, les qualifiant de « grotesques » et de « montages ».

Les enjeux judiciaires

Nicolas Sarkozy est actuellement libre, sous contrôle judiciaire. Si la cour d’appel confirmait sa condamnation, il pourrait être contraint d’exécuter une peine de prison ferme, possiblement aménagée. Ses avocats ont déjà annoncé leur intention de se pourvoir en cassation en cas de condamnation.

Réactions et suivi

L’issue de ce procès est suivie de près par la classe politique et l’opinion publique. Plusieurs responsables politiques ont appelé à respecter la présomption d’innocence, tandis que d’autres estiment que la justice doit suivre son cours. L’affaire a également des répercussions internationales, en raison des liens présumés avec la Libye.