Les députés de la commission des Lois de l’Assemblée nationale ont adopté, ce lundi, la proposition de loi visant à renforcer la protection des élèves contre les violences, après le scandale qui a touché l’établissement privé Notre-Dame-de-Betharram. Le texte, porté par plusieurs groupes parlementaires, doit être soumis à l’examen de l’ensemble des députés le 1ᵉʳ juin.
Un texte né du scandale de Bétharram
Cette proposition de loi fait suite aux révélations de violences physiques et sexuelles commises dans l’établissement catholique de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), qui ont éclaté au grand jour ces derniers mois. De nombreux anciens élèves ont témoigné de faits de violences et d’agressions, certains remontant à plusieurs décennies. L’affaire a mis en lumière des défaillances dans le contrôle des personnels éducatifs ainsi que dans les mécanismes de signalement et de suivi des plaintes.
Les principales mesures du texte
Le texte adopté en commission repose sur plusieurs axes forts. Il prévoit tout d’abord un contrôle systématique des personnels éducatifs, qu’ils soient enseignants ou non, dans les établissements publics comme privés. Ce contrôle serait élargi aux bénévoles et aux intervenants extérieurs en contact avec les élèves.
Ensuite, la proposition de loi instaure une obligation de signalement des faits de violence, de maltraitance ou d’atteintes sexuelles pour tout membre de la communauté éducative. Le non-respect de cette obligation pourrait être sanctionné.
Par ailleurs, le texte reconnaît la responsabilité de l’État dans les défaillances de contrôle et de protection des élèves. Il ouvre la voie à une possible indemnisation des victimes qui n’auraient pas été protégées par les autorités publiques.
Un parcours parlementaire accéléré
L’adoption en commission a été rapide, signe de la volonté des principaux groupes politiques de répondre à l’émotion suscitée par l’affaire Bétharram. Le texte a été enrichi de plusieurs amendements, notamment pour préciser les modalités de contrôle et les sanctions applicables en cas de manquement.
Le rapporteur de la proposition de loi a souligné que ce texte était « une première étape indispensable pour restaurer la confiance des familles dans le système éducatif ». De son côté, la ministre de l’Éducation nationale a salué un texte « équilibré », tout en appelant à une vigilance sur les moyens alloués aux inspections.
Des oppositions et des interrogations
Toutefois, le texte n’a pas été adopté sans débats. Plusieurs députés de l’opposition ont regretté que la proposition ne comporte pas de dispositions spécifiques sur le contrôle des établissements privés hors contrat, qui restent moins encadrés. D’autres ont jugé que les obligations de signalement pourraient être difficiles à mettre en œuvre dans les petites structures.
Des associations de défense des victimes ont également exprimé des réserves, estimant que le texte ne va pas assez loin en matière de prescription des faits et d’allongement des délais de dépôt de plainte.
Prochaine étape : l’hémicycle
Le texte sera examiné en séance publique le 1ᵉʳ juin. Si le gouvernement a annoncé son soutien à la proposition, plusieurs amendements pourraient encore être débattus, notamment sur la question de la transparence des contrôles et sur les mesures de soutien psychologique aux victimes.
L’adoption définitive du texte est espérée avant la fin de la session parlementaire, afin de permettre une mise en œuvre dès la rentrée scolaire suivante.