Dans une campagne éclair visant à s'imposer comme candidat à la présidentielle de 2027, Gabriel Attal a dévoilé un programme économique d'une ampleur inédite. L'ancien Premier ministre, aujourd'hui secrétaire général de Renaissance, table sur des propositions radicales pour rattraper son retard sur Édouard Philippe dans les enquêtes d'opinion.

Des réformes structurelles audacieuses

Au cœur de son projet : un « big bang » du système de retraites qui supprimerait tout âge légal de départ, laissant chaque actif libre de choisir son moment. Cette mesure, inspirée selon son entourage de la campagne victorieuse de Jacques Chirac en 1995, vise à simplifier un dispositif jugé illisible par une majorité de Français.

Parallèlement, Gabriel Attal propose un « dynamitage » du Code du travail. Le texte serait réduit à quelques grands principes fondamentaux, les modalités d'application étant renvoyées à la négociation collective ou à des accords d'entreprise. Objectif affiché : libérer l'emploi et la croissance.

Une mesure emblématique : le compte épargne naissance

Parmi les propositions les plus marquantes figure le versement de 1 000 euros à chaque nouveau-né, crédité sur un compte d'épargne individuel. Cette somme, bloquée jusqu'à la majorité, pourrait être utilisée pour financer des études, la création d'entreprise ou un premier logement. Le dispositif, directement inspiré de modèles anglo-saxons, entend lutter contre les inégalités de patrimoine dès le plus jeune âge.

Un choix de rupture assumé

Ces annonces s'inscrivent dans une stratégie claire : occuper le terrain de la rupture, là où Édouard Philippe incarnerait plutôt une ligne de continuité. Les proches de Gabriel Attal soulignent que le parallèle avec 1995 n'est pas un hasard : « Chirac avait su incarner le changement face à Balladur, qui apparaissait comme le candidat de l'establishment. Aujourd'hui, la dynamique est similaire », explique un conseiller.

Des réserves chez les experts

Si ces propositions séduisent une partie de l'électorat en quête de renouveau, elles suscitent le scepticisme chez plusieurs économistes. Certains jugent la suppression de l'âge légal de départ à la retraite « symbolique » et soulignent qu'elle nécessiterait une refonte profonde du financement des régimes. D'autres estiment que la réduction du Code du travail à quelques principes pourrait affaiblir la protection des salariés sans garantie de création d'emplois. Quant au chèque de 1 000 euros à la naissance, son coût total pour les finances publiques est estimé à plusieurs milliards d'euros par an, sans mesure de financement claire à ce stade.

L'urgence d'une campagne express

Gabriel Attal, qui a accéléré son calendrier ces dernières semaines, mise sur un format court et percutant pour capter l'attention. Son équipe de campagne prévoit une série de déplacements et d'interventions médiatiques d'ici l'été, afin de tester la réception de ces mesures dans l'opinion. L'objectif : créer un effet de surprise et contraindre ses concurrents à se positionner sur son terrain.

En proposant un programme économique explosif, l'ancien locataire de Matignon prend le risque de polariser le débat, mais espère ainsi sortir du rang et s'imposer comme le candidat de la rénovation du macronisme.