Face à la hausse des prix des carburants provoquée par le conflit au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, jeudi 21 mai, le doublement du plafond de la prime carburant employeur, qui passe de 300 à 600 euros. Cette mesure, dévoilée lors d'une déclaration à 17 heures, vise à atténuer l'impact de la crise sur les ménages et les entreprises, sans recourir à une baisse des taxes.
Refus de baisser la fiscalité sur les carburants
Interrogé sur les mesures envisagées, Sébastien Lecornu a indiqué qu'il refusait de baisser les taxes sur le carburant. « Baisser de la fiscalité sur de l'énergie produite à l'étranger, c'est circuler sur l'autoroute à contresens », a-t-il déclaré, justifiant cette position par la volonté de ne pas favoriser les importations. Il a également exclu tout « ciblage » des aides, insistant sur la nécessité de « donner des perspectives aux Françaises et aux Français ». Le Premier ministre a par ailleurs espéré un retour à la normale des prix du carburant à l'horizon de l'été.
Prolongation de l'aide forfaitaire et aide à l'achat pour les taxis
Parallèlement, le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé le prolongement de l'aide forfaitaire pour une durée de trois mois, soit jusqu'en août. En outre, une « aide à l'achat » de 5 500 euros sera déployée en octobre pour les chauffeurs de taxis souhaitant acquérir un véhicule électrique.
Les TPE et PME en « zone de risques majeurs »
Cette annonce intervient alors qu'une étude de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), publiée jeudi, alerte sur la situation des TPE et PME françaises. Menée auprès de 2 350 dirigeants du 28 avril au 12 mai, l'enquête montre que 45 % des dirigeants constatent « une détérioration de la situation globale de leur entreprise » au premier semestre 2026. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué un « choc des coûts » lié à l'envolée des prix des carburants et des matières premières, poussant ces entreprises « dans une zone de risques majeurs ». « Les anticipations pour le second semestre restent très dégradées, dans un contexte de marges comprimées, de trésoreries fragilisées et d'incertitude persistante », souligne l'organisation.
Alerte de l'AIE sur le marché pétrolier
Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a averti jeudi que le marché pétrolier pourrait basculer en « zone rouge » cet été sans solution au Moyen-Orient, avec une pénurie d'offre en « juillet ou en août ». « Le problème, c'est qu'à la fin juin, début juillet, la saison des voyages commence et en général, la demande de pétrole, la consommation de pétrole augmente », a-t-il expliqué lors d'une intervention à un événement organisé par le think tank Chatham House.
Revendications iraniennes sur le détroit d'Ormuz
Le nouvel organisme iranien de gestion du détroit d'Ormuz, baptisé « Autorité du détroit du Golfe Persique », a revendiqué mercredi une zone de contrôle s'étendant jusqu'aux eaux au sud du port émirati de Fujaïrah, qui abrite des infrastructures pétrolières visant à contourner le blocage du détroit. Téhéran contrôle la navigation dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures depuis le début du conflit. Un responsable émirati a qualifié ce projet de « chimère ». Par ailleurs, l'Iran a annoncé examiner une nouvelle proposition de paix américaine, tandis que le président américain Donald Trump a prévenu que les États-Unis étaient « prêts à agir » en cas d'échec des négociations.
Contexte diplomatique
Pékin a annoncé jeudi la visite en Chine du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif du 23 au 26 mai. Le Pakistan est médiateur dans les négociations entre l'Iran et les États-Unis. « La Chine soutient la médiation juste et équilibrée assurée par le Pakistan pour promouvoir la paix et mettre fin à la guerre », a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères chinois.