SpaceX a mené à bien, vendredi 22 mai 2026, le douzième vol d'essai de son lanceur géant Starship, un engin décrit par la société comme le plus grand et le plus puissant jamais construit. Malgré des pannes de moteurs en cours de route, le vol a été jugé largement réussi par l'entreprise.

L'engin, qui mesure 124 mètres de haut, se compose de deux étages : l'étage supérieur, également appelé Starship ou simplement Ship, et un puissant étage propulseur équipé de 33 moteurs, le Super Heavy. Pour ce vol, il s'agissait de la première mise en œuvre d'une version majeure du véhicule, désignée Version 3. Les responsables de SpaceX l'ont décrite comme une fusée presque entièrement différente, intégrant de nombreuses modifications destinées à améliorer la fiabilité et les performances.

Le Starship a décollé en fin de journée, heure locale, depuis le site de lancement de SpaceX au Texas. L'étage supérieur a survécu à la rentrée atmosphérique et a exécuté une manœuvre finale simulant un atterrissage au-dessus de l'océan Indien. Toutefois, seuls deux des trois moteurs prévus ont fonctionné. Comme attendu, l'engin a ensuite basculé et a explosé en une boule de feu en touchant l'eau.

Un résultat bien meilleur que les vols précédents

Ce succès relatif contraste avec les vols d'essai de l'année précédente, dont deux s'étaient désintégrés peu après le lancement, projetant une pluie de débris qui avait perturbé le trafic aérien au-dessus des Caraïbes. La performance de vendredi renforce la confiance dans le programme Starship, notamment pour la NASA.

L'agence spatiale américaine compte utiliser Starship comme module d'atterrissage pour ramener ses astronautes à la surface de la Lune. Jared Isaacman, l'administrateur de la NASA, a félicité SpaceX et Elon Musk, le fondateur et directeur général de l'entreprise, dans un message publié sur X. « Un pas de plus vers la Lune… un pas de plus vers Mars », a-t-il écrit.

Détails techniques du vol

Le vol a duré un peu plus d'une heure. Les données télémétriques ont montré que la plupart des 33 moteurs du Super Heavy ont fonctionné correctement lors de l'ascension, permettant à l'étage supérieur de se séparer et de poursuivre sa trajectoire. La défaillance partielle des moteurs lors de la manœuvre finale n'a pas compromis l'objectif principal du test, qui était de valider la tenue de l'engin lors de la rentrée et les systèmes de contrôle.

Spacex n'a pas immédiatement communiqué sur les causes exactes des pannes moteur, mais des analyses préliminaires seront menées à partir des données récoltées. L'entreprise prévoit déjà de nouveaux vols d'essai pour perfectionner le système avant toute mission lunaire habitée.

Implications pour l'exploration spatiale

Ce vol d'essai marque une étape importante dans le développement de Starship, qui est au cœur des ambitions de SpaceX pour des missions vers la Lune et, à terme, vers Mars. Pour la NASA, qui a sélectionné Starship comme alunisseur pour le programme Artemis, la réussite de ce test est un signal positif, même si des défis techniques subsistent.

Jared Isaacman a souligné que chaque vol apporte des enseignements précieux. La collaboration entre la NASA et SpaceX devrait s'intensifier dans les mois à venir, avec des tests supplémentaires prévus pour valider les systèmes de rendez-vous orbital et de transfert de carburant nécessaires aux missions lunaires.