Le voyagiste Tui fait l'objet d'un examen minutieux après la mort d'une fillette britannique d'un an, Ariella Mann, survenue en janvier des suites d'une infection à E. coli contractée lors d'un séjour à l'hôtel cinq étoiles Jaz Makadi Aquaviva à Hurghada, en Égypte. La famille a réservé un circuit tout compris de deux semaines auprès de l'opérateur, et la petite est tombée malade au cours du séjour.
Ariella a été diagnostiquée d'un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une affection rénale rare qui peut entraîner une insuffisance rénale, des lésions cérébrales et la mort. Sa mère, Jade Oakes, 34 ans, a déclaré être « dégoûtée » de n'avoir pas été informée des précédents cas de contamination à E. coli liés à cet hôtel avant d'effectuer la réservation. « Si nous avions été au courant des autres cas, jamais je n'aurais emmené mon enfant là-bas », a-t-elle affirmé.
Deux autres enfants gravement atteints
Le décès d'Ariella intervient quatre mois après qu'un garçon de six ans a été admis en soins intensifs, et dix-huit mois après qu'une fillette de deux ans a été héliportée vers un hôpital de Londres et placée dans un coma artificiel. Les deux enfants avaient également séjourné au Jaz Makadi Aquaviva lors de vacances organisées par Tui et ont été diagnostiqués du même syndrome hémolytique et urémique.
Le SHU est le plus souvent causé par une infection à E. coli productrice de shigatoxines, contractée par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés. Bien que rare, il touche principalement les jeunes enfants et peut entraîner des séquelles graves ou la mort.
Un manque d'alerte pointé du doigt
La famille d'Ariella estime que Tui aurait dû l'informer des précédents incidents avant le départ. Les trois cas se sont produits dans le même établissement, propriété du groupe hôtelier Jaz. L'opérateur n'a pas encore commenté publiquement ces informations. Cette affaire soulève des questions sur les protocoles de sécurité et de surveillance sanitaire des voyagistes, notamment lorsqu'ils commercialisent des séjours dans des destinations où les normes d'hygiène peuvent varier.
L'avocate de la famille, du cabinet Irwin Mitchell, a confirmé que des démarches étaient en cours pour déterminer les responsabilités, sans préciser si une action en justice serait engagée. Le cas d'Ariella relance le débat sur l'obligation d'information des tour-opérateurs vis-à-vis des risques sanitaires identifiés dans les hôtels partenaires.