L’inauguration d’un nouveau Centre Pompidou à Séoul, prévue le 4 juin, suscite une vive polémique. Un collectif d’artistes, d’intellectuels et d’universitaires a lancé un appel à la rupture du partenariat entre l’institution culturelle française et le géant sud-coréen Hanwha, l’un des principaux conglomérats industriels du pays, actif notamment dans le secteur de l’armement.
Un partenariat contesté
Dans une tribune publiée ce 27 mai, les signataires, parmi lesquels figurent des personnalités du monde de la culture, expliquent que ce nouveau lieu – destiné à présenter des œuvres du musée national d’Art moderne – est le fruit d’une collaboration avec Hanwha. Or, l’entreprise est accusée de fournir des équipements militaires utilisés dans les opérations israéliennes à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Les signataires estiment que, ce faisant, le Centre Pompidou se rend “complice” de ces actions.
Les faits reprochés
Selon les informations rassemblées par les signataires, Hanwha produit des obusiers automoteurs K9 Thunder, des lance-roquettes multiples Chunmoo ainsi que des systèmes de défense antiaérienne. Ces armes auraient été livrées à l’armée israélienne et utilisées dans le cadre des bombardements sur la bande de Gaza et au Liban. Les auteurs de la tribune dénoncent également que le président-directeur général de Hanwha Aerospace, Son Jae-il, a ouvertement affiché son soutien à “l’armée israélienne” sur les réseaux sociaux.
L’appel au boycott
Le collectif demande au gouvernement français et à la direction du Centre Pompidou de “rompre immédiatement ce partenariat” avec Hanwha. Il appelle aussi les artistes et le public à boycotter l’ouverture du centre culturel, prévue le 4 juin. “Nous ne pouvons pas accepter que l’art serve de vitrine à l’industrie de la mort”, écrivent-ils notamment.
Des précédents dans le monde culturel
Ce n’est pas la première fois qu’une institution culturelle se retrouve au cœur d’une controverse pour avoir noué des liens avec des entreprises du secteur de l’armement. Plusieurs musées et lieux d’exposition ont déjà été la cible de critiques, certains ayant mis fin à leurs accords de mécénat après des mobilisations similaires.
Réactions attendues
À ce stade, ni la direction du Centre Pompidou ni le groupe Hanwha n’ont réagi publiquement à cet appel. La question devrait toutefois être posée lors de la visite officielle du président français en Corée du Sud, dont la date n’est pas précisée mais qui était évoquée dans les mêmes cercles diplomatiques. Les signataires espèrent que cette mobilisation portera ses fruits et que le Centre Pompidou reviendra sur son engagement.