Après un weekend de l’Ascension parmi les plus frais depuis 2010, la France va basculer brutalement vers des températures estivales. À partir du 22 mai, une vague de chaleur anormale s’installe sur le pays, avec des pointes attendues jusqu’à 35 °C dans le Sud-Ouest. Les maximales pourraient grimper de 10 à 15 °C en quelques jours.

« Un retour de l’été aussi tôt en mai, ça n’a rien de normal », prévient Davide Faranda, climatologue au CNRS. La situation est également jugée exceptionnelle par Météo-France : l’organisme prévoit des températures de 30 °C entre l’est de la Bretagne, les Pays de la Loire, le Limousin et le Poitou-Charentes, un niveau qualifié de « tout à fait remarquable aussi tôt dans la saison préestivale ». En Aquitaine, le seuil des très fortes chaleurs (maximales supérieures à 35 °C) pourrait être dépassé.

Origine météorologique et climatique

Ce réchauffement soudain est causé par la remontée d’une masse d’air doux depuis l’Espagne, combinée à l’installation de hautes pressions (un anticyclone) au-dessus de la France. « Ces conditions météorologiques classiques qui, avant, produisaient un temps printanier, engendrent désormais des températures record », explique Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France.

Si le mécanisme est normal, le niveau de chaleur ne l’est pas. La spécialiste souligne que « la journée de mai la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la France » pourrait être battue. Jusqu’à présent, le record national pour un mois de mai était de 22,9 °C le 28 mai 2017, suivi de 22,4 °C le 27 mai 2005.

Le changement climatique en cause

« Il n’y a aucun doute sur le lien avec le changement climatique », affirme Davide Faranda. Christelle Robert ajoute que l’atmosphère, déjà réchauffée par les émissions de gaz à effet de serre, amplifie les épisodes de chaleur précoces. Les grands écarts de température en quelques jours sont également un symptôme du dérèglement. « Le changement climatique augmente la variabilité du climat », rappelle le chercheur, ce qui rend plus fréquent le passage brutal de la grêle à la torpeur.

Pic attendu en fin de weekend

Le pic de cette vague de chaleur est attendu pour la fin du weekend ou le début de la semaine suivante, avant une possible baisse des maximales à partir du mercredi 27 mai. Les experts mettent en garde contre une illusion de « retour de l’été ». « Les humains ont la mémoire courte, observe Davide Faranda. Le froid qu’on a eu la semaine dernière était fréquent il y a quelques décennies, mais la chaleur qu’on va connaître n’a rien d’habituel, et on ne devrait pas s’en réjouir. »