Une vague de chaleur précoce et exceptionnelle touche depuis plusieurs jours l'Europe de l'Ouest. Mardi, les températures devaient encore grimper, un jour après que la France et le Royaume-Uni ont battu leurs records de chaleur pour un mois de mai.

Au Royaume-Uni, l'agence météorologique Met Office a indiqué que le thermomètre a atteint 34,8 °C lundi aux jardins botaniques de Kew, dans le sud-ouest de Londres. Ce pic dépasse de deux degrés le précédent record de mai dans le pays. « Cette chaleur serait exceptionnelle même en plein été au Royaume-Uni, sans parler du mois de mai », a commenté l'agence sur le réseau social X. Les températures londoniennes tournent habituellement autour de 17 ou 18 °C à cette période de l'année. Le record de la température minimale la plus élevée pour un mois de mai a également été provisoirement battu dans la nuit de lundi à mardi, la Met Office évoquant une « nuit tropicale ».

En France, l'agence météorologique Météo-France a annoncé que « lundi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures » à l'échelle nationale. L'épisode de chaleur devrait durer au moins jusqu'à la fin de la semaine, a précisé l'agence, qui a émis mardi matin une alerte orange canicule — le deuxième niveau d'alerte le plus élevé — pour le nord-ouest du pays. La capitale, Paris, avait déjà connu son premier jour au-dessus de 30 °C samedi, avec 31,9 °C.

Dômes de chaleur et conséquences humaines

Cette situation météorologique est provoquée par un dôme de chaleur — une masse d'air chaud venue d'Afrique du Nord qui s'est installée sur l'Europe de l'Ouest, apportant des températures habituellement observées seulement en plein été. Les scientifiques soulignent que l'Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique d'origine humaine, rendant ces canicules plus fréquentes et plus intenses.

En Allemagne, la température a dépassé les 30 °C pour la première fois de l'année samedi, et des valeurs encore plus élevées sont attendues jusqu'à mercredi dans certaines régions.

Plus au sud, l'Espagne devrait connaître les températures les plus élevées de cette vague de chaleur en fin de semaine, avec des pointes possibles à 40 °C, selon l'agence météorologique espagnole AEMET. Certaines régions d'Italie ont déjà imposé des restrictions au travail en extérieur. Des mesures similaires avaient été mises en place l'année dernière, mais seulement à partir du 30 mai.

Les autorités locales et les services de secours suivent de près la situation. Dimanche, un homme est décédé lors d'une course à pied de dix kilomètres à Paris, a indiqué la sécurité civile, même si le lien direct avec la chaleur n'a pas encore été établi. Une femme est également morte d'un coup de chaleur à Lyon après une séance de fitness en compétition.

Appels à l'adaptation des infrastructures

La semaine dernière, des conseillers climatiques britanniques avaient averti que le pays était « construit pour un climat qui n'existe plus », exhortant le gouvernement à adapter les infrastructures — écoles, hôpitaux — aux conditions d'une planète qui se réchauffe. De nombreuses villes européennes mettent en place des points d'eau et des fontaines pour faire face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes.

Cette canicule de mai constitue un nouvel exemple des phénomènes extrêmes que les climatologues anticipent dans un monde sous l'effet du réchauffement global.