L’enquête sur l’évasion d’un détenu multirécidiviste de la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, a franchi une nouvelle étape. Trois personnes, dont un surveillant pénitentiaire en poste dans l’établissement, ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre des investigations ouvertes après la spectaculaire fuite d’Ilyas Kherbouch survenue en mars dernier.
Le 12 mars 2025, Ilyas Kherbouch, 25 ans, connu dans le milieu du grand banditisme sous le surnom de « Ganito », s’était évadé de la prison de Villepinte avec l’aide de complices déguisés en policiers. Ces derniers s’étaient présentés à l’entrée de l’établissement pénitentiaire en tenue d’uniforme et munis de faux documents, avant d’emmener le détenu sans éveiller les soupçons des gardiens.
Un multirécidiviste recherché
Ilyas Kherbouch était incarcéré pour des faits de cambriolage, séquestration et home‑jacking. Il était considéré comme particulièrement dangereux et avait déjà à son actif plusieurs condamnations pour des crimes violents. Son évasion, organisée avec une précision quasi militaire, avait immédiatement déclenché un important dispositif de recherches et une enquête confiée à la police judiciaire.
Le surveillant pénitentiaire interpellé est soupçonné d’avoir facilité la fuite de « Ganito » en fournissant des informations sur le fonctionnement de la prison, les horaires ou les points faibles du dispositif de sécurité. Les deux autres gardés à vue sont présentés comme des complices extérieurs, possiblement ceux qui ont joué le rôle des faux policiers.
Des gardes à vue en cours
Les trois suspects sont actuellement entendus par les enquêteurs. Leurs auditions devraient permettre de préciser le rôle exact de chacun dans l’organisation et l’exécution de l’évasion. Les investigations se poursuivent également pour tenter de localiser Ilyas Kherbouch, qui reste activement recherché.
Cette interpellation intervient alors que le système pénitentiaire français est régulièrement critiqué pour ses failles en matière de sécurité, notamment après plusieurs évasions récentes de détenus particulièrement surveillés. L’affaire de Villepinte relance le débat sur les conditions de détention et la capacité de l’administration à prévenir ce type d’incidents.