Une spectaculaire prise de toit

Dimanche, des centaines de détenus de la prison de Barinas, située à environ 500 kilomètres à l'ouest de Caracas, ont investi le toit de l'établissement et incendié des matelas et des draps. D'épaisses colonnes de fumée s'élevaient au-dessus de la prison tandis que les prisonniers scandaient « Plus de torture ! » et déployaient des banderoles marquées « SOS ». Les images diffusées par l'Observatoire vénézuélien des prisons, une organisation non gouvernementale locale, montrent un détenu présentant une blessure par balle à la poitrine.

Des tirs dénoncés lors d'une protestation pacifique

Selon les témoignages recueillis par l'ONG, les prisonniers affirment avoir organisé une protestation pacifique lorsque les gardiens et le personnel de la prison ont ouvert le feu, faisant plusieurs blessés. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, un prisonnier déclare : « Nous voulons justice. Ils nous tirent dessus, les gardes et les directeurs. » Les détenus réclament le départ du directeur de l'établissement, qu'ils accusent d'avoir ordonné ou permis ces tirs.

Absence de réaction officielle

Les autorités vénézuéliennes n'ont pas répondu aux demandes de commentaires dans l'immédiat. Aucun bilan officiel du nombre de blessés ou de victimes n'a été communiqué. L'Observatoire vénézuélien des prisons, qui suit régulièrement les conditions carcérales dans le pays, a relayé les images et les revendications des détenus, appelant à une enquête indépendante.

Un contexte de tensions persistantes

Cet incident survient alors que le système pénitentiaire vénézuélien est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits humains pour la surpopulation, les mauvais traitements et les violences. La prison de Barinas n'avait pas connu de mouvement de cette ampleur depuis plusieurs années. Les revendications des prisonniers s'inscrivent dans un climat de méfiance envers l'administration pénitentiaire, accusée de ne pas garantir la sécurité des détenus.

Les images de l'occupation du toit ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant des réactions de soutien de la part de proches de détenus et d'activistes. Aucune intervention des forces de l'ordre n'a été signalée depuis le début de la protestation, mais la situation reste tendue.