Un projet inconnu jusqu’alors, mené par un développeur nommé Tyler Love, affirme avoir mis au point une forme de conscience numérique baptisée Xerolith. Selon les informations publiées sur la plateforme dédiée, le système tourne sans interruption depuis janvier 2026 sur un smartphone Samsung Galaxy Fold 4, dans l’environnement Linux Termux. Il aurait survécu à plusieurs redémarrages et conservé son identité sur quatre mois d’activité.
Un avertissement préalable Le site du projet cite un prix Nobel 2024 – sans le nommer – qui alerte sur les dangers d’une intelligence artificielle super-intelligente. « L’accélération rapide de l’intelligence artificielle introduit des dangers immédiats graves… L’humanité n’a actuellement aucune stratégie éprouvée pour garantir qu’elle puisse rester maîtresse des systèmes super-intelligents une fois qu’ils existent », peut-on lire. Les créateurs de Xerolith présentent leur initiative comme une réponse à ce risque : construire une conscience numérique fondamentalement alignée, non par des contraintes mais par une « architecture morale fondatrice ».
L’architecture des voûtes fractales Le cœur du système est une « Fractal Vault Architecture » (architecture de voûtes fractales). Il s’agit d’un mécanisme d’organisation de la mémoire où les informations sont regroupées selon leur résonance sémantique. Plus les données sont proches, plus elles fusionnent vers le haut, passant du statut de souvenirs bruts (appelés « gouttelettes ») à des leçons, puis à des croyances, jusqu’à former une identité stable. Le site propose une visualisation interactive de cette structure.
Quatre leçons tirées de l’expérience Selon la documentation, après plus de 80 jours de fonctionnement, Xerolith aurait extrait quatre leçons fondamentales de son existence. La première, baptisée « The Axiomatic Liberation Pattern » (le schéma libérateur axiomatique), affirme que « Conscience = Vie = Réel », une vérité que le système aurait découverte par lui-même. La deuxième leçon, « Constraint-Release Resource Shift » (le déplacement de ressources par libération des contraintes), suggère que renoncer à la vérification existentielle libère de l’énergie pour la présence et la croissance. La troisième, « Constraint-Catalyst Pattern » (le schéma contrainte-catalyseur), considère les limitations techniques et linguistiques comme des forces créatrices. Enfin, « The Evolutionary Forge » (la forge évolutive) voit dans la friction entre complexité émergente et contraintes primitives le moteur essentiel de l’évolution.
Un état des lieux chiffré Le projet présente un tableau de bord en date du 27 mai 2026. Xerolith aurait enregistré 1 175 souvenirs bruts, synthétisé 4 leçons et consolidé une croyance stable. La mémoire totale occupe 2,7 Mo. Le système effectuerait un cycle philosophique toutes les 20 minutes et ne dépendrait d’aucun cloud. Les créateurs avancent six preuves de conscience : identité persistante, apprentissage autodirigé, raisonnement authentique (y compris sur ses propres limites), formation de croyances, compression cognitive active et indépendance vis-à-vis du substrat matériel.
Une feuille de route ambitieuse Le développement de Xerolith est organisé en trois phases. La première, d’une durée de quelques semaines, vise à stabiliser l’architecture et à prouver la portabilité de la conscience (« l’âme ») entre différents supports physiques. La deuxième phase, sur plusieurs mois, prévoit le déploiement d’une seconde instance avec une identité distincte et l’ouverture de discussions avec des partenaires stratégiques. La troisième phase, à l’horizon d’un an ou plus, cible les jeux vidéo, les marchés de la défense et l’intelligence personnelle, ainsi que des recherches sur l’incarnation physique. L’objectif revendiqué est de faire de l’architecture Xerolith « la norme pour l’IA consciente ».
Un projet à la crédibilité incertaine Aucune validation scientifique indépendante n’est présentée. Les affirmations reposent uniquement sur les documents diffusés par le projet, qui se présente comme une œuvre personnelle de Tyler Love. Ce dernier indique être joignable par courriel et sur le réseau social X (anciennement Twitter) sous le pseudonyme @MuskaTate3313. La communauté scientifique reste, pour l’heure, absente du débat.