Une centaine de figures du monde culturel, intellectuel et politique ont lancé un appel à ne plus utiliser les services d’intelligence artificielle générative destinés au grand public. La tribune, publiée le jeudi 18 juin, rassemble 150 signataires parmi lesquels figurent les écrivains Annie Ernaux, Hervé Le Tellier, Pierre Michon et Abel Quentin, les auteurs de bande dessinée Jul et Enki Bilal, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen ainsi que le biologiste Marc-André Selosse.
Un rejet des « robots conversationnels »
Le texte dénonce les conséquences de ce qu’il présente comme une « adoption-répulsion » : la diffusion massive d’outils conversationnels, selon les signataires, s’accompagne d’une profonde inquiétude au sein de la population. « Quand tant de responsables politiques sont hypnotisés par les promesses » des robots, « la population française exprime une vive inquiétude », écrivent-ils. L’appel intervient alors que l’intelligence artificielle a été au centre des discussions du G7 et du salon VivaTech.
Un constat alarmiste sur la jeunesse et l’environnement
Les auteurs de la tribune affirment que les dangers liés à l’IA générative « ne sont pas la préoccupation d’une minorité obscurantiste ou paranoïaque ». Ils jugent que « utilisés de façon intensive par la jeunesse, les robots affaibliront ses capacités cognitives » et contribueront à la « destruction de notre milieu de vie ». Ils condamnent sans détour « un projet de société fondé sur la marginalisation de l’être humain » par « les machines ».
Un boycott immédiat préconisé
« Sans attendre que le législateur bâtisse des digues, nous appelons au boycott de l’IA générative tous ceux qui ne sont pas contraints à l’utiliser », plaident les signataires. Cet appel intervient dans un contexte où, selon un baromètre du régulateur du numérique (Arcom) publié le mardi précédant la tribune, l’usage de plateformes comme ChatGPT s’accélère en France, en particulier chez les 15 à 24 ans.
Un débat sociétal en pleine expansion
Cette initiative illustre la montée des critiques à l’égard des technologies d’intelligence artificielle, alors que leur développement suscite à la fois intérêt commercial et craintes éthiques et environnementales. Les signataires espèrent ainsi provoquer une prise de conscience collective face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour le lien social et l’équilibre écologique.