Un collectif d’environ 150 personnalités françaises, issues des mondes politique, intellectuel et artistique, a lancé un appel au boycott des applications d’intelligence artificielle générative destinées au grand public. La tribune, rendue publique le 19 juin 2026, est notamment signée par la prix Nobel de littérature Annie Ernaux, l’écrivain Hervé Le Tellier, le dessinateur et réalisateur Enki Bilal, ainsi que des avocats et des élus.

Les signataires y expriment leur rejet de ce qu’ils qualifient de « projet inhumain d’un dialogue ininterrompu avec les machines ». Ils estiment urgent d’« arbitrer entre les intelligences artificielles vouées à détruire les conditions d’une société libre et conviviale, et celles qui sont susceptibles, dans un cadre régulé, d’être au service des intérêts humains ».

Une position radicale face à une adoption massive

Cet appel intervient alors que l’IA générative s’est imposée dans de nombreux foyers et entreprises depuis le lancement de services comme ChatGPT. Si les premières alertes étaient venues d’acteurs de la tech (dont Elon Musk à l’époque), ce sont aujourd’hui des figures de la société civile qui prennent position en France. Le texte ne propose pas un simple moratoire, mais un rejet actif des usages grand public de ces technologies, perçues comme une menace pour la liberté et le lien social.

Craintes sur les conditions d’une société libre

Au cœur de l’argumentaire développé dans la tribune, la crainte que la généralisation des outils conversationnels ne conduise à une forme de dépendance ou d’aliénation. Les personnalités signataires considèrent que l’adoption massive de l’IA générative, sans régulation ni réelle délibération démocratique, risque de « détruire les conditions d’une société libre et conviviale ». Elles appellent donc à privilégier les applications d’IA encadrées et au service concret des humains, plutôt que les systèmes ouverts à tous, jugés déshumanisants.

Un appel qui s’inscrit dans un débat plus large

La tribune relance le débat sur la place de l’intelligence artificielle dans la vie quotidienne. Alors que les législateurs, en France comme à l’étranger, peinent à fixer un cadre pérenne, ces 150 personnalités entendent peser sur l’opinion publique et les décideurs. Le texte, par son ton direct et son appel au boycott, se distingue des précédentes déclarations d’experts ou d’industriels, en venant de représentants de la culture, du droit et de la politique.

La date de publication, le 19 juin 2026, coïncide avec une nouvelle étape de déploiement des outils d’IA grand public, ce qui renforce la portée symbolique de l’initiative.