Les États-Unis ont entamé mercredi 24 juin les festivités marquant le 250e anniversaire de leur indépendance. Donald Trump, à la tête de l'exécutif, a prononcé un discours sur le National Mall, l'immense esplanade de Washington, pour lancer officiellement cette période commémorative.

Un discours aux accents de meeting

Qualifiée de lancement de la « Grande Foire d'État américaine » par l'association Freedom 250, créée par l'administration pour coordonner les célébrations, la soirée a débuté par la chanson « God Bless the USA » du chanteur country Lee Greenwood, qui se produisait sur place. L'intervention du chef de l'État, bien que plus sobre que ses meetings de campagne, en a épousé la structure : le président a vanté son bilan sans s'attarder sur les principes de la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. « Je suis ravi de vous dire que l'Amérique est de retour. Comme vous le savez très bien, il y a peu de temps, nous étions un pays mort. Maintenant nous sommes le pays le plus excitant du monde », a-t-il déclaré, ajoutant que son gouvernement livrait « une victoire après l'autre pour le peuple américain ».

Le président a également critiqué ses prédécesseurs, sans toutefois recourir aux invectives personnelles qui lui sont coutumières. Son allocution s'est achevée par le slogan « Make America Great Again » et une brève danse sur le tube « YMCA », un rituel de ses rassemblements.

Un public de partisans et des survols militaires

Le public rassemblé sur le Mall était majoritairement acquis à la cause du président. Parmi les spectateurs, Barbara Van Riper, technicienne en mammographie de 57 ans, a confié que Donald Trump « se bat pour le rêve américain ». Lynette Coates, mère au foyer âgée de 48 ans, a dit être venue « pour le président et pour les avions ».

L'animation musicale a été assurée en grande partie par les musiciens du corps des Marines des États-Unis. La soirée a par ailleurs été ponctuée par des passages d'appareils militaires, dont des bombardiers furtifs B-2 et des chasseurs F-35, conformément aux promesses de Donald Trump qui avait annoncé des « impressionnants survols militaires mettant en vedette des avions de chasse de précision et des bombardiers furtifs, pilotés par nos pilotes militaires américains ».

Un programme de 16 jours jusqu'au 4 juillet

Le rassemblement de mercredi ouvre une série d'événements qui doit culminer le 4 juillet, jour anniversaire de l'adoption de la Déclaration d'indépendance. La « Grande Foire américaine » se tiendra durant seize jours, proposant une célébration du peuple, des traditions et de l'histoire du pays.

Sur le plan artistique, le ténor Christopher Macchio devait se produire, tandis que Lee Greenwood a interprété « God Bless The USA ». Un grand concert avait initialement été planifié, avec des artistes tels que Vanilla Ice, Young MC, Martina McBride et Bret Michaels. Cependant, à l'exception de Vanilla Ice, tous se sont désistés face à la connotation politique de l'événement. Le président a alors décidé d'être lui-même la tête d'affiche des célébrations.

Un contexte politique marqué

Ces célébrations interviennent dans un climat politique intérieur tendu. Selon les enquêtes d'opinion, une majorité d'Américains se plaignent du coût élevé de la vie et rejettent l'opération militaire lancée contre l'Iran, que Donald Trump a de nouveau défendue lors de son discours. Pour le locataire de la Maison-Blanche, cette séquence constitue une tribune visant à mettre en avant son action alors qu'il brigue un nouveau mandat.

Les festivités, qui mélangent hommage à l'histoire nationale et mise en scène de la personne présidentielle, reflètent les ambivalences d'une célébration que certains observateurs jugent détournée à des fins électorales. La suite des événements, jusqu'au 4 juillet, devrait confirmer cette tonalité.