Des organisations de défense de l'environnement multiplient les actions pour demander à la Fédération internationale de football association (Fifa) de se séparer de son sponsor Aramco, le mastodonte saoudien des hydrocarbures. Ce dernier est au cœur d'une controverse qui enflamme l'actualité du Mondial 2026.
Les critiques fusent contre cet accord qualifié par certains militants de « greenwashing » ou de « sportswashing », ces termes désignant l'utilisation d'événements sportifs pour redorer l'image d'entreprises ou d'États aux pratiques contestées. Un porte-parole d'une coalition environnementale a déclaré : « C'est le champion du monde de la pollution ! Aramco est un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre de la planète. »
Un contrat en or massif décrié
Le partenariat, dont le montant n'a pas été officiellement divulgué, est considéré comme l'un des plus lucratifs de l'histoire de la Coupe du monde. Les panneaux publicitaires aux couleurs d'Aramco sont omniprésents sur les stades et dans les zones d'accréditation, suscitant une vive réaction des activistes climatiques. Ceux-ci dénoncent une contradiction flagrante entre les engagements de la Fifa en faveur du développement durable et le soutien financier apporté par une entreprise dont l'activité principale repose sur l'extraction et la vente de pétrole.
Des actions de protestation ciblées
Plusieurs manifestations ont eu lieu aux abords des enceintes sportives où se déroulent les rencontres de la phase de groupes. Des militants ont déployé des banderoles appelant à un boycott des sponsors fossiles, tandis que d'autres ont tenté d'interrompre brièvement des conférences de presse. L'objectif affiché est de faire pression sur les décideurs de la Fifa pour qu'ils reconsidèrent ce contrat avant l'étape des phases finales.
Le poids économique d'Aramco
Cette offensive intervient alors qu'Aramco affiche des bénéfices records, renforcés par la hausse des cours du brut. L'entreprise, qui appartient majoritairement à l'État saoudien, a récemment été évaluée à plus de 2 000 milliards de dollars, ce qui en fait la troisième plus grande capitalisation boursière mondiale. Ces chiffres donnent une idée de l'ampleur des moyens financiers que la société peut consacrer à ses opérations de sponsoring sportif.
Des voix discordantes au sein de la Fifa
Bien que la Fifa n'ait pas officiellement répondu aux demandes des activistes, des sources internes évoquent des débats en coulisses. Certains responsables de l'instance reconnaissent que l'association avec une entreprise pétrolière pourrait ternir l'image de l'organisation, surtout dans un contexte de crise climatique. Cependant, les considérations économiques — le contrat représenterait plusieurs centaines de millions de dollars sur la durée — pèsent lourd dans la balance.
Un précédent controversé
Ce n'est pas la première fois que la Fifa est accusée de compromettre ses principes environnementaux pour des raisons financières. Des accords précédents avec des géants des énergies fossiles avaient déjà fait l'objet de critiques similaires, mais sans jamais atteindre cette ampleur. L'actuelle Coupe du monde, qui se déroule dans plusieurs pays dont les États-Unis, le Canada et le Mexique, offre une vitrine mondiale à ses partenaires.
L'avenir du partenariat en suspens
La pression des militants ne faiblit pas, et plusieurs pétitions en ligne ont déjà recueilli des centaines de milliers de signatures. Les observateurs estiment que la Fifa devra trancher entre le maintien d'une source de revenus colossale et la préservation de sa crédibilité en matière de responsabilité sociétale et environnementale. Aucune décision n'a encore été annoncée, mais le débat promet de s'intensifier à mesure que le tournoi approche de son apogée.